Critique : BT - These Hopeful Machines 3

Critique : BT – These Hopeful Machines

Après la sortie du tubesque Suddenly, Brian Wayne Transeau nous revient avec son dernier album, These Hopeful Machines.

Si vous avez suivi les singles précédant la sortie de l’album, vous connaissez déjà Rose Of Jericho, Every Other Way et Suddenly. 2 titres forts pour un plus dispensable (Rose Of jericho), cela augurait plutôt bien pour les fans de musique électronique et beats bien sentis.

BT nous offre donc un double album segmenté en 12 titres remplissant allègrement 2 Cds. A noter que l’édition limitée d’Amazon dispose de 2 titres supplémentaires, à savoir Feed the Monster (feat. Charlotte Martin) et Always (Chicane Remix). Autant dire que le remix de Chicane est attendu vu le talent du DJ.

L’album était présenté comme une belle démonstration technique au niveau du mix et de la production ainsi qu’une vraie tuerie Dancefloor et électro-rock-pop rien que ca.

Après avoir écouté l’album en boucle depuis sa sortie, force est de constater qu’il n’a pas menti et que cet album explose sans commune mesure les précédents albums de BT (mis à part This Binary Universe qui est un véritable joyau et qui ne joue pas dans la même catégorie).

Suddenly ouvre parfaitement les hostilités avec son édit album de 8 minutes, le titre est encore meilleur qu’escompté et place directement le public sur orbite. Le riff, la production, la voix, tout est phénoménal !

The Emergency a la difficile tache de suivre Suddenly mais il y arrive avec BT a la voix. Il s’agit un peu d’un retour à la House teintée de pop avec un beat tout ce qu’il y a de plus entrainant. Every Other Way est connu et ce mix est dors et déjà disponible sur le single. Le titre est plus lent et suave. Il se déguste tout le long de ses 11 minutes.

The Light In Things commence calmement pour lentement devenir ce que BT a fait de mieux en termes de techno depuis sa prestation sur Believer sur l’OST de Go. C’est un tube en puissance, dansant, fiévreux et hautement contagieux dans son refrain. C’est à partir de 6 minutes que le titre prend son envol définitif pour ne plus descendre jusqu’à la 11 ème minute fatidique qui annonce le titre suivant.

Rose Of Jericho fait lentement retomber la pression avec son utilisation intensive de beats et du logiciel maison BreakTweake de BT. Il lui permet d’éditer de manipuler le son par une méthode de synthèse granulaire où les sons se retrouvent découpés en petits morceaux et remis en ordre de façon hachée et très Lo-Fi. Il lui permet également de modifier le timing de ses sons tout en se basant sur des fractales mathématiques basées sur le rythme du beat.

Malgré toute cette débauche technique, le titre peine à convaincre et se retrouve comme le titre le plus faible de l’album. On reste néanmoins dans le correct-bon, c’est juste que le reste de l’album est très largement supérieur.

Après ce break techno noisy, BT se remet en selle avec un titre très rock et pêchu, Forget Me. La guitare est incisive sans être agressive et le titre se place en bon successeur de Suddenly, le refrain est excellent tout comme la section rythmique. Un titre fort et qui se termine avec la douce voix de Kaia Nui Transeau, sa fille.

On peut passer tranquillement au second CD avec le très spécial A Million Stars. Le titre tranche singulièrement avec le premier Cd pour nous offrir un titre très proche de l’ambiance de Movement In Still Life et plus particulièrement Dreaming. On est de retour dans la house-transe qui a fait connaître BT avec la voix magnifique et planante de Kirsty Hawkshaw. Le titre décolle vers la 7 ème minute avec un déluge de synthés et de beatbox. Magnifique !

Love Can Kill You est une vraie tuerie, BT chante à nouveau et nous renvoi vers une ambiance 8bit proche de l’album Emotional Technology. On n’est pas loin d’un mix entre Shame et Circles. Belle demonstration de BT qui fait mieux que tous les chanteurs pop qu’il a produit.

Always n’est pas la reprise du tube de Jon Bon Jovi mais bel et bien une belle chanson powerpop du meilleur effet. Un poil en dessous la précédente mais on reste dans le BT Seal Of Quality. Ce qui est drôle, c’est qu’il semble presque évident que ce titre mérite un remix de Chicane tant la chanson reprend quelques ficelles au DJ.

Le nocturne de Lumière est un titre dans la veine de Rose Of Jericho, à savoir riche en stutter edit et en beats oscillants. Le résultat est néanmoins supérieur à Rose Of Jericho en termes de mix et d’ambiance. C’est un titre dansant et entrainant.

The Unbreakable est un titre difficile à ne pas apprécier tant il est bien mixé et musicalement riche. On est proche de la pop-soul avec un refrain fabuleux et quelques relents de Nectar période ESCM. C’est du grand BT, un mix parfait entre tous ses albums (sauf IMA) et une preuve si il en était nécessaire du talent de songwriter de BT. Il sait vraiment tout faire, ca fait peur.

The Ghost In You clôture donc le festival avec un titre plus downtempo et chillout. Le titre se veut plus acoustique, plus coulant, le duo est touchant sans être mièvre. Tès belle reprise des The Psychedelic Furs. C’est une très belle conclusion pour ce grand album.

Que dire de plus sur cet album ? Courrez l’acheter pour peu que vous ayez envie de découvrir le mix parfait entre la techno, le rock et la pop made in USA. Très certainement un des meilleurs albums de 2010 me concernant. Et dire que l’on est qu’au début février, ca laisse augurer d’une belle année musicale. On ne va pas s’en plaindre n’est-ce pas ?