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Test : Far From Noise

Philosopher ou conduire il faut choisir!


Développé par George Batchelor, Far From Noise est une aventure narrative fort singulière dans laquelle on incarne une femme qui se retrouve bloquée dans sa voiture au bord d’un précipice. Le soleil commence doucement à se coucher et il lui est impossible de sortir de sa voiture sous peine de se retrouver sur les rochers en bas de la falaise. Commence alors une véritable introspection entre notre protagoniste et tout ce a quoi elle peut se raccrocher pour rester sereine dans sa tête et ne pas précipiter sa mort assurée. Cette journée se terminera t-elle sur une bonne note ou sur la fin de son existence matérielle?

Far From Noise se pose directement comme une expérience assez limitée en terme de possibilités de gameplay. En effet, on ne peut que choisir des lignes de dialogues ou essayer quelques actions entrainant forcément des réactions que ce soit de la voiture ou des autres entités avec lesquelles nous allons converser. Si le début du jeu semble assez réaliste, on va comprendre que notre salut viendra d’une créature provenant d’une forêt proche. Grâce à lui, on va en apprendre plus sur nous et notre lien avec la nature, la vie mais aussi la mort. Chaque choix de dialogue est important et de nouvelles possibilités de fin d’aventure s’ouvriront à nous en fonction de notre attitude et de notre degré de cynisme par rapport à notre situation. A l’instar de son tout premier jeu, Hot Date, Far From Noise fera donc la part belle aux dialogues croustillants et aux envolées philosophiques bien à propos.

Life on a line.

En effet, à force de pratiquer des embaumements et des crémations, on finit par se poser pas mal de questions sur ce qu’il adviendra de nous une fois partis. Certes, il est impossible de savoir quand, pourquoi et surtout comment mais cette présentation presque provocatrice de la mort et du profond respect qu’on leur doit porte à réflexion. Impossible de rester de marbre lorsque l’on doit embaumer quelqu’un contre son grès juste parce qu’il avait omis de le préciser sur un testament ou indiquer sur papier. C’est d’ailleurs là où A Mortician’s Tale touche presque à la grâce. Par sa mise en scène des actes chirurgicaux et l’affreuse précision que l’on doit avoir pour réussir à faire rentrer le liquide d’embaumement en massant certaines parties du corps par exemple, le jeu nous place face à nous-mêmes. Malgré son petit côté humour noir, le jeu est bien plus profond qu’il n’y parait.

Tout commence donc tranquillement par une introspection jubilatoire et dont on est le héros, à nous de choisir comment gérer la situation, soit en étant narcissique soit en étant pessimiste. Je caricature un peu mais sachez qu’il y a pas mal de façons d’appréhender le jeu et de développer les relations entre notre héroïne et son environnement. On fera dès lors la connaissance d’animaux venant de la forêt comme un élan ou même des écureuils (pas spécifiques à la forêt eux en revanche mais c’est connu, les écureuils sont de vrais trous du cul IRL!) avec lesquels va s’instaurer un climat de tension ou de confiance. Si l’écureuil va s’amuser à nous narguer et à faire chavirer la voiture en montant dessus, l’élan sera plus un compagnon d’infortune avec lequel le jeu rentre dans une toute nouvelle dimension. Il représente la nature face à la futilité de notre survie et à la réelle implication de notre existence dans ce bas monde. Vu comme ca, vous allez me dire que c’est chiant et rébarbatif mais c’est tout le contraire, l’auteur du jeu est parvenu à créer un jeu unique à bien des égards et développer un vrai sens de progression entre le joueur et notre personnage. On décide de ce qu’elle a vécue, de ce dont elle se souviens mais aussi de ce à quoi elle aspire en ces moments de profond désespoir.

Vie et mort à choix multiples.

De nombreux thématiques sont abordées dans Far From Noise sans que l’on sente de leçon de morale de la part de l’auteur. Rien n’est figé et l’aventure dépendra réellement de ce que l’on en fera, sans vouloir spoiler, il existe plusieurs fins différentes qui dépendent réellement de choix à certains moments clés. Chaque aventure durera environ 1 heure 30 ce qui devrait donner environ 5-6 heures de jeu afin de découvrir la plupart des fins et de débloquer les achievements. Contrairement aux Visual Novels, on ne pourra pas passer rapidement le texte déjà exploré dans des anciennes parties mais les textes sont assez courts et on est rarement en train d’appuyer frénétiquement sur Espace pour avancer. Il y a mine de rien pas mal de choix possibles et on a tout le temps de lire les dialogues souvent savoureux et de les comprendre. Le jeu est intégralement en anglais à l’heure actuelle, ce qui implique que pas mal d’entre vous auront du mal à tout comprendre surtout que le niveau d’anglais est excellent et parfois assez complexe.

Techniquement le jeu est assez sobre voir sommaire mais vu le style de l’auteur, on est en terrain conquis. De fait, il tournera sur n’importe quelle machine digne de ce nom avec un espace disque demandé des plus raisonnable. Il se joue à la souris où l’on se contentera de sélectionner un des dialogues possibles parmi une liste. Je n’ai pas essayé de rester silencieux comme dans Oxenfree mais je pense qu’il faut faire un choix à chaque fois. Même si le décor ne varie pas énormément, le jeu fait un peu varier les situations avec une gestion du cycle jour & nuit qui changera pas mal la façon se terminera notre aventure. Je n’ai pas rencontré de gros problème technique et j’ai donc passé un très agréable moment avec Far From Noise malgré mes réticences initiales.

Far From the Madding Crowd

Au final il est très difficile de classer Far From Noise comme une aventure dont est le héros ou comme une simple Visual novel car il cherche à nous faire réfléchir sur ce que l’on est et sur ce que l’on apporte véritablement à la société et au monde en général. Par le biais d’une héroïne originale, on en apprend plus sur nous-même et sur notre façon d’appréhender certaines situations extrêmes. J’ai beaucoup apprécié ce que propose le jeu en matière de dialogues mais aussi au niveau de sa symbolique. Far From Noise n’est pas qu’un simple simulateur de drague d’élan ou de gestion de situation de crise mais bel et bien un appel à la remise en question et à ce que l’on doit apporter à ce bas monde maintenant mais surtout demain. Résolument optimiste et ouvert, le jeu s’immisce en nous et nous pousse à agir ou simplement de réagir avant qu’il ne soit trop tard, pour nous ou pour le monde dans lequel nous vivons, à bons entendeurs!

Achat sur Steam:

Au final:

Notre verdict - 8

8

Il est très difficile de classer Far From Noise comme une aventure dont est le héros ou comme une simple Visual novel car il cherche à nous faire réfléchir sur ce que l'on est et sur ce que l'on apporte véritablement à la société et au monde en général.

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