Critique : Marie Espinosa – La Démarrante

Marie Espinosa est une chanteuse et comédienne française de 26 ans qui vient de sortir son première album bien nommé La Démarrante.

Parallèlement à son parcours de comédienne, Marie Espinosa participe à l’Opéra Rock d’Emir Kusturica en tant que chanteuse et se découvre un certain talent qu’il est désormais temps d’exploiter convenablement.

La jeune femme dispose de plusieurs cordes à son arc, elle est auteur-compositeur-interprète de son premier album où elle également fait le piano et les claviers.
Elle fera la première partie de Renan Luce pour certains concerts et sortira son album confession le 11 janvier 2010.

C’est bien de cet album dont je vais vous parler sur cette chronique.
Il est dit que la trame de cet album provient directement d’une rupture sentimentale ayant concerné la demoiselle du haut de ses 26 ans.

Elle profite donc de cet album pour se présenter en passant par une délicieuse Annonce (L’annonce). Elle nous prend directement à partie et tente de façon plutôt adroite de faire sourire avec une introduction légère et drôle.

Ca commence bien et on caresse le doux espoir d’avoir tout un album du même tonneau.

Décidemment en accord avec son âge et les attentes que celui-ci entraine, Marie Espinosa nous explique que tout est possible et qu’il n’est pas aisé d’atteindre son but. Nonchalante et directe, elle fonce et évite (au contraire des paroles de sa chanson L’Age Des Possibles) le mur pour mettre en paroles ce que tout le monde pense tout bas.

Malgré son côté fonceuse, elle doute d’elle même pour nous proposer une chanson fine et rétro avec Qu’est-Ce Qui T’as Plu?. Les paroles font mouche et le rythme entrainant pousse à taper du pied. Les griefs classiques que la gente féminine en fleur ne cesse d’étaler font indubitablement cliché mais l’intelligence du morceau rattrape le coup.

S’ensuit alors 2 titres plutôt moins bons que les précédents avec l’évocation directe de la séparation (C’est Pas Facile) et le très pigallesque Toi De Paris. Les paroles restent assez bonnes avec de bons refrains et quelques bonnes idées.

Pour Un Beau Chanteur est une chanson excessivement drôle et caustique, le ton est léger mais retord. Elle parlera à tous les coeurs féminins épleurés et naïfs, de quoi faire un hymne aux séducteurs d’un soir.

Marie nous offre ensuite une tribune libre nous permettant de nous moquer des Paris Hilton-like et autres toxicos et starlettes avec La Fille Bien Née. Chanson légère, caustique mais ô combien salvatrice et facile lorsque l’on est dans la même tranche d’âge.

Elle Couche… est un bel hommage à Emily Dickinson et à la jeunesse britannique de Marie. Titre fort sympathique et ambigu.

La chanson suivante, Elle Me Dit ,est un appel du pied à Olivia Ruiz et à Brigitte Bardot (des débuts hein) avec un ton de voix similaire. Les paroles sont excellentes, caustiques à souhait mais sans méchanceté. Les magazines en prennent pour leur grade, bon titre.

On tombe après dans la clonage réussi d’Isabelle Adjani avec La Chanson Sans Refrain. La voix se fait velours et faussement trop haute. Titre dispensable mais qui constitue un bel hommage avec ses cordes à la Pulp.

L’album se termine sur Tant Et Tant qui nous présente donc le bilan de la jeune demoiselle sur son bout de chemin, à savoir mélancolique et solitaire. Une partie de la chanson est en portugais ce qui n’a rien d’étonnant sachant qu’elle a passé son Bac à Rio où elle a pu découvrir la bossa et le mambo.

Et bien, voici une chronique complète allez vous me dire!
– Tu as du adorer cet album.

Oui mais il y a tout de même pas de travail pour que Marie Espinosa devienne incontournable de la nouvelle scène française. Autant je trouve que l’ensemble a énormément de charme et de classe pour une artiste de son âge et pour un premier opus autant l’album est un poil court et manque singulièrement de variété au niveau de sa trame mélodique.
Forcément, je n’attends pas d’entendre pléthore de cuivres et autres refrains tubesques mais je reste tout de même un peu sur ma faim. Les chansons sont courtes et oublient pour certaines l’essentiel, à savoir une véritable patte artistique originale.

Il est difficile de ne pas comparer cet album à la masse d’album de midinettes nettement moins talentueuses que Marie Espinosa.
Et malheureusement on perdra de trace cet album comparé à d’autres comme Joyce Jonathan et Coeur de Pirate qui lui sont pourtant bien inférieur au niveau de la production et de la plume.

C’est néanmoins un coup de maitre pour une charmante jeune fille de 26 ans qui recherche un public assurément et qui mérite de vivre de son talent. A suivre donc pour un de mes coups de coeur de ce début d’année!

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