Critique : Moving Mountains - Waves 3

Critique : Moving Mountains – Waves

Moving Moutains est un groupe américain de post-hardcore, post-rock et indie qui a débuté en totale indépendance via un excellent premier album, Pneuma, pour se faire signer par la suite sur un label et ainsi se faire un nom.

Le groupe se penche autant sur le côté artistique que visuel lors de ses clips et de ses concerts. Leur vision ne se limite donc pas seulement à faire de la musique pour la musique.

Après des thèmes lourds consécutifs à la mort d’un proche du groupe, Moving Montains termine donc avec Waves leur cycle clair-obscur pour mieux commencer à aller de l’avant et se focaliser sur des lendemains plus guilleret.

Avis:
Skippy est là pour nous enlever tous nos soucis
Il y a des groupes qui parviennent, le temps d’un instant fugace, à captiver votre esprit et parvenir à occulter tout le reste de votre discothèque avec une facilité déconcertante tant est si bien que vous n’écoutez plus que ce groupe et ses albums. Je ne connaissais pas du tout le groupe et après un achat un poil casse gueule après avoir écouté par inadvertance le titre The Cascade en naviguant sur Echoingthesound, je suis tombé amoureux d’un groupe.

Ca fait très payday ca
Forcément, lorsque l’on tombe amoureux, on ne voit que le bon côté des choses et on occulte de fait tous les petits travers de l’autre. J’ai donc voulu découvrir de quoi était capable le groupe en me prenant l’intégralité de ses albums et EP et là, c’est le drame. Non seulement ce groupe est prodigieux mais il se paye le luxe d’avoir des purs chef d’oeuvre sur l’espace de 4 ans. 4 ans d’ignorance crasse de ma part devant tant de talent et de génie.

Forcément, après 32 écoutes de Waves je dois bien avouer être bluffé devant tant d’aisance à l’innovation (moins que sur le premier album néanmoins), de technicité, de fougue et de volonté manifeste de faire passer des messages certes difficiles à assimiler mais ô combien important pour le groupe. L’album se lance sur du post-hardcore tout ce qu’il y a de plus standard, rien de trop violent mais une urgence latente se dégage de l’ensemble, il y a une urgence que le groupe essaye, avec succès, de partager et il lui faudra 2 titres pour y parvenir.

ô rage ô désespoir
Si l’on met de côté le côté un peu facile de My Life Is Like a Chase Dream (And I’m Still Having Chase Dreams), la claque est magistrale, puissante et fignolée jusqu’à la dernière note. Sans trop faire dans l’emphase, le groupe distille avec une constance millimétrée de magnifiques envolées post-rock teintée de hardcore teinté lui aussi d’émotions palpables et jamais hors de propos.

La crémière, le beurre, les épinards et sa croupe
Ni trop violent, ni trop commercial, Waves se dévoile sans détours, brut de décoffrage et son impact n’en est que plus grand. Le chant est parfois brutal parfois naïf mais jamais niais. L’orchestration est profondément bien à propos et le groupe fait éclater sa classe et tout son talent dans les parties Post-rock pour y adjoindre un zest de folie communicative.

Les influences sont là mais aucune n’enlève le feeling et la touche du groupe qui manie à merveille l’art d’enfoncer des portes ouvertes mais avec élégance et style. Certains enchainements sont prévisibles et malgré une production pas toujours aussi bonne qu’escomptée, l’album est cohérent, solide et surtout incisif. C’est donc avec d’autant plus de surprise que l’on découvre un groupe à consonance acoustique sur les 3 titres bonus de l’édition deluxe qui font la part belle à la voix de Gregory Dunn. C’est tout juste si on n’est pas presque déçu de Keep Your Head Above Water (B-Side) qui n’a très clairement pas sa place dans un tel album.

Album of the year?
Oui et non, cet album est somptueux et force le respect mais après avoir écouté les précédents travaux du groupe, je me force à rester objectif et à me dire qu’il y aurait pu avoir un peu plus d’expérimentation sur cet album, plus de folie et surtout plus de différences entre certains titres. On frôle le mix Brand New – Biffy Clyro – The Appleseed Cast trop chiche. C’est faire un vilain procès d’intention au groupe mais malgré ses gigantesques qualités, j’attendrais donc avec impatience leur prochain album pour voir si ils retrouvent cette flamme, ce pur génie qui ne demande qu’à être écouté.

Titres à retenir:
Les très bons titres se succèdent mais on retiendra surtout les sublimes: The Cascade, Once Rendering, Alleviate et Full Circle. De préférence, le groupe est à écouté en live.