Beyond Eyes

Test : Beyond Eyes

Beyond Eyes est un jeu un peu particulier dont j’ai suivi le développement depuis longtemps. En effet, il nous place dans la peau d’une jeune fille, Rae, qui est devenue aveugle suite à un accident lors d’un feu d’artifice. Au delà des yeux et jamais bien loin du cœur, voilà comment on pourrait résumer Beyond Eyes. Il n’est pas question ici d’action ou de combat, il nous faut juste aider Rae à découvrir le monde extérieur qui a bien changé depuis qu’elle est devenue aveugle et à mieux en appréhender les dangers.

Après avoir eu beaucoup d’articles de presse grâce à la mise en avant du jeu par Microsoft, il est désormais temps de voir si ce voyage initiatique tient plus du coup de maitre que du flop annoncé par beaucoup de critiques lues ici et là par la presse française qui ne semble pas avoir bien compris les tenants et aboutissants réels du jeu.

Beyond Eyes est un jeu dont on se doutait clairement qu’il allait polariser les avis à sa sortie. Avec une telle idée de départ, comment le jeu allait-il garder un intérêt sur le long terme, quelles intéractions allait on avoir avec le monde extérieur. Beaucoup de questions qui disposent désormais de réponses après mes quelques heures de jeu histoire de voir la fin du jeu sans trop aller chercher les achievements. Beyond Eyes dispose d’une idée de départ brillante et d’une direction artistique bluffante sans toutefois disposer d’une réalisation de premier ordre. Une fois les premières images visionnées on comprend ce qui rend si unique le jeu même si certains autres jeux sortis sur PS3 et PS4 avaient déjà défriché le chemin.

Beyond Eyes ne propose donc en tout et pour tout qu’une simple promenade en dehors de la maison de Rae où plus rien n’est comme avant son accident. Le gameplay se résume donc à marcher, lentement, dans un décor vide et qui va se dévoiler à nous au fur et à mesure que l’on avance et que l’on ressente les bruits, les textures et les odeurs. Les différents vecteurs de découverte des environs de Rae sont superbement mis en avant avec des couleurs particulières et des apparitions d’objets et d’animaux en fonction de là où ils se trouvent et là on Rae estime qu’ils se situent dans l’espace. L’univers est assez bucolique et la patte graphique du jeu s’en ressent, on découvre des tons pastels superbes et des animations qui mettent bien en avant la progression de la petite fille dans le décor.

Rae peut également intéragir avec quelques éléments du décor comme des animaux, des objets ou des portes afin d’avancer à tâtons dans les différents chapitres qui constituent le jeu. Ceux-ci sont au nombre de 6 avec un prologue et un épilogue. Chaque niveau peut se terminer en 30 minutes ce qui vous donne une idée de la durée de vie du jeu. Elle est famélique et c’est bien le principal grief que l’on peut faire au jeu. Il ne vous faudra pas plus de 3 heures pour le terminer sans trop à aller chercher plus loin que le scénario. C’est court à la vue du prix demandé mais si on y réfléchit bien, mais c’est raisonnable vu que ce propose le jeu en terme de sensations et de partage pour peu que l’on joue au jeu avec ses enfants. Oui, le jeu peut être joué par un enfant et c’est une bonne chose.

On n’insistera pas trop longtemps sur l’histoire qui est anecdotique; Rae part à la recherche de son chat, Nani. Celui-ci est son seul ami et il aide un peu la jeune fille à supporter sa nouvelle condition de vie. Après quelques jours sans nouvelles, elle décide d’aller parcourir la ville avoisinante toute seule dans un parcours initiatique superbement mis en avant par l’avancé des différents chapitres. La progression est courte, certes, mais elle est bien faite et on y découvre les angoisses de Rae lorsqu’un chien aboie juste à côté d’elle, la peur des oiseaux et autres corbeaux ainsi que la peur des voitures et autres engins à moteur. La fin du jeu est assez prévisible mais elle reste superbement mise en scène dans le chapitre final. De quoi faire verser des larmes à vos enfants, faites attention.

Beyond Eyes n’est en fait qu’un simple walking simulator assez court et qui ne dispose pas de variété ni même de replay value une fois que l’on a terminé le jeu et que l’on a débloqué les 10 achievements. Mérite t-il l’achat malgré tout? Pas sûr car on peut avoir le sentiment de s’ennuyer ferme pour peu que l’on ne se mette pas en condition idéale pour appréhender la problématique ou pour comprendre les questions que le jeu pose. On tombe un peu sur le même problème que pour Sunset, un jeu indépendant avec beaucoup d’ambitions mais qui n’a pas rencontré le succès espéré à cause d’un manque flagrant d’intérêt vidéoludique et d’une campagne promotionnelle qui n’expliquait pas assez bien les points forts du jeu.

Beyond Eyes tourne bien sur des machines modestes et il utilise le moteur Unity fait des merveilles vu le style graphique. Le jeu ne pèse pas très lourd en matière de téléchargement et la bande son est très bien faite quoique trop discrète à mon goût. Les cartes Steam valent très cher pour le moment ce qui vous aidera à rentabiliser votre achat pour peu que vous fassiez vite, il en existe 7. Le jeu propose une vue inversée directement et assez peu d’options graphiques. Le gamepad est pris en compte ce qui facilitera le jeu pour les plus jeunes.

Au final, Beyond Eyes est une expérience à vivre et à apprécier à sa pleine valeur. On est très loin du jeu vidéo traditionnel ou on est submergé de choses à faire, il n’est question ici que de découverte et de sensations. Le jeu parvient par je ne sais quelle magie à nous faire ressentir ce que peut être un handicap difficile à surmonter et qui nous oblige à changer de perspective et de travailler sur nos autres sens. Même si le voyage est trop court pour le prix demandé, on en ressort satisfait et surtout heureux d’avoir pu jouer à ce jeu au delà des apparences et des préjugés. Malgré tout, Beyond Eyes est un joyau qui reste à polir.

Achat:

Vous pouvez achetez le jeu sur Steam au prix de 12.99€.

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