Leftfield

Critique : Leftfield – Alternative Light Source

Leftfield est enfin de retour avec Alternative Light Source, leur troisième album après 15 ans d’absence. Autant dire que l’électro a connu bien des métamorphoses depuis toutes ses années et qu’il est assez compliqué d’imaginer un tel groupe revenir sans avoir quelque chose en tête. Il convient néanmoins de noter que le Lineup n’est plus le même et que seul Neil Barnes reste à la barre de ce majestueux navire. Si les plus pessimistes s’attendaient à un album au goût du jour avec une utilisation exagérée du Dubstep et autres vocoders pour les guests, heureusement, il n’en est rien et il n’aura fallu qu’un seul titre pour s’en rendre compte!

Bad Radio est un titre percutant qui nous propose de bons beats et un chant de très bonne facture. L’ambiance est assez proche de ce que Leftfield nous a proposé avec Rhythm and Stealth mais les différences sont légions au niveau du son et de la production. On y aperçoit un côté plus alternatif, moins Big Beats qui a pourtant fait la renommée du groupe. Universal Everything constitue la vraie tuerie de ce Alternative Light Source à plus d’un titre. Non seulement il renoue avec une house dansante mais il apporte bien des strates et autres plages sonores qui nécessiteront plusieurs écoutes pour en profiter au maximum. Inutile de vous dire qu’il faut écouter cet album avec un bon équipement pour en tirer la moelle substance. Le groupe ne fait pas du neuf avec du vieux mais bel et bien quelque chose de nouveau, presque novateur en cette période musicale difficile.

Fidèle a sa réputation, on retrouve également de très bons guests avec des titres de très haute tenue avec un son caractéristique mais sans sentir le renfermé comme c’est malheureusement le cas pour le dernier album de The Prodigy par exemple. Qualitativement, ce Alternative Light Source frôle la perfection avec 10 très bons titres variés et surtout recherchés comme jamais dans l’histoire de Leftfield. La succession Bilocation et Head and Shoulders nous ramène au fantastique Leftism avec des rythmes impressionnants et une qualité de dub quasiment jamais égalée.

Dark matters est une merveille d’ambiance planante comme le groupe sait si bien le faire avec les bandes sons des films de Danny Boyle par exemple. On est en terrain connu mais on reste impressionné par le tour de force qu’effectue Leftfield avec cet album. Il y en a pour tout le monde, que l’on aime la techno, l’électro ou tout simplement la house trépidante. Little Fish est une merveille d’inventivité et d’entrain. Difficile ne pas taper du pied ou d’avoir envie d’aller danser en pleine écoute.

Storms End est un autre titre fort de Alternative Light Source avec un vrai faux rythme et une créativité explosive. Alternative Light Source est un titre plus complexe qu’il n’y parait et qui s’embrique parfaitement avec le très dansant Shaker Obsession. Les beats s’enchainent et s’extirpent d’un maelström musical du plus bel effet. Leviate For You nous offre une magnifique conclusion très sensuelle et puissante au niveau de la voix et des accompagnements.

Vous l’avez facilement compris, je conseille fortement cet album pour tous ceux qui apprécient le groupe ou tout simplement qui aiment l’électro moderne mais qui ne renie pas son passé ni même son pédigrée. Leftfield nous offre une merveille d’album qui joue avec les textures sonores et les ambiances pour mieux intriguer et surprendre que l’on soit un vieux con aigri qui vit reclus dans le son des années 90-2000 ou que l’on apprécie les groupes plus orientés Synthpop. Même les amateurs de Dubstep peuvent y trouver leur compte avec de belles envolées beatesques et quelques titres tubesques qui feront des ravages une fois remixés.

Achat

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Extraits