Critique : Lunatic Soul - Lunatic Soul II 3

Critique : Lunatic Soul – Lunatic Soul II

Lunatic Soul est le projet solo de Mariusz Duda, le leader charismatique de Riverside (groupe prog Polonais).

Après un premier album très remarqué (plus même que les albums de Riverside c’est dire), il est désormais temps de découvrir la version blanche constituant la seconde partie du voyage nihiliste et particulier dans la noirceur de nos abysses intérieures.

L’album est disponible depuis le 25 octobre 2010 un peu partout et je ne pouvais pas laisser passer une occasion pour parler de ce projet solo véritablement pénétrant et salvateur.

La grande majorité des instruments sont joué par Mariusz Duda lui-même. On retrouve néanmoins des guests venant pour la plupart du premier album comme Maciej Szelenbaum (keyboards, flutes, quzheng) ou Wawrzyniec Dramowicz de Indukti (drums).

Critique:
The In-Between Kingdom est une parfaite entame pour l’album avec un faux rythme calme et une noirceur à crever au couteau. La voix est en filigrane et se fait très discrète pour mieux laisser la place aux ambiances du titre. L’intensité gagne au fur et à mesure de l’importance prise par les claviers et par la lourdeur des percutions. Magnifique et envoutant!

Otherwhere se veut plus morne et limpide dans sa structure. Le tire se veut plus acoustique avec la prépondérance manifeste de la voix de Mariusz qui rend le titre plus imposant qu’il ne l’est en réalité.

Suspended In Whiteness prend la main et place son ambiance immédiatement via des miasmes sonores et des sons disparates. Un rythme plus élaboré se dessine au travers de ce nuage de fumée et nous glace implacablement dans sa seconde moitié avec un rythme magistral et une basse ronde et chaude qui nous aide à voir la lumière au sein de ce vide abrupt dans lequel on ne sens rien. Grosse claque et premier rendez vous avec la grâce qui caractérise la musique de Lunatic Soul.

Asoulum joue bien sur les 2 tableaux de l’asylum et d’une Soul avec une violence placide et contenu qui ne demande qu’à exploser. La voix navigue entre le calme down tempo et le plus animal et énergique. Noire douceur et subtilité font de ce titre un incontournable.

Limbo est déjà plus organique mais tellement court qu’il n’est utile qu’en tant que transition pour un autre titre majeur de l’album.

Escape from ParadIce dispose d’un titre qui ne ment pas et o tente par tous les moyens d’échapper à ce paradis glacé que constitue le titre. Le chant devient incantatoire et pénétrant grâce à une utilisation phénoménale des percussions. Plus on avance, plus le titre se dévoile avec des sons s’entremêlant et fluctuant en fonction de la rythmique.

Transition ne fait pas foncièrement office de transition avec ses 11 minutes au compteur. Il coupe l’ambiance anxiogène des débuts pour partir dans le tribal mystique. Le travail sur les basses est phénoménal est rudement bien mis en avant. Les synthés se font lents et monotones comme on a l’habitude de les entendre chez Lunatic Soul. La seconde moitié se fait plus électrique et plus sombre encore avec l’arrivée de la guitare et de la basse. On retrouve alors une ambiance plus proche de Riverside.

Gravestone Hill est loin d’être l’orgie glauque à laquelle on pourrait s’attendre vu le nom du titre. Tout est mélodique, acoustique et semble tout droit sorti de l’OST de Diablo premier du nom. Titre très minimaliste mais rudement efficace, il fallait bien après les 11 minutes du titre précédent.

Wanderings est donc le single de cet album avec ces 4 minutes, sa structure déjà plus traditionnelle et la voix feutrée mais puissante de Mariusz qui fait tout le travail. Il est évident que ce titre est prévu dès l’origine comme la vitrine de l’album avec un son toujours aussi travaillé et une mélodie qui peut plaire à tous les publics avides de partages de liens Youtube sur Facebook. Mélodique sans être trop commercial, le titre fait tout de même un peu office d’électron libre au sein de l’album.

Avis:
J’ai longtemps attendu cet album et les 2 ans qui ont séparé la sortie de l’album blanc de l’album noir m’ont semblé interminables. Après avoir déjà écouté plus de 10 fois cet album, le constat est clair et net, cet album est encore meilleur que le précédent avec des plages plus aérées et surtout plus variés.

On retrouve l’amour du travail bien fait et bien produit avec une foultitude d’instruments divers et variés qui fournissent à l’ensemble le liant émotionnel attendu et diantre qu’il est émotionnel cet album. Loin de se limiter à une vulgaire copie carbone avec quelques variantes, cet album dépasse largement son prédécesseur et fait fi des clivages entre les inspirations de Mariusz Duda et le son de Riverside.

On reste donc surpris par la cohérence et la profondeur de certains titres qui dénotent tout de même assez du Black album avec quelques bijoux distillés avec parcimonie tout au long de l’album comme Transition, Asoulum, Escape from ParadIce et Suspended In Whiteness.

Je vous conseille donc très largement cet album qui se paye le luxe d’améliorer déjà un album phare de 2008.

Achat:
Vous pouvez donc vous procurer cet album sur iTunes au prix de 8,99 € ou sur Amazon au prix de 8,99 €.

Extraits: