Critique : Lana Del Rey – Video Games – EP

Lana Del Rey aka Lizzy Grant est une jeune artiste de 24 ans plutôt douée en com et en parfaite adéquation avec son époque en matière de promotion via Internet. Après avoir sorti un premier album en 2010 produit par David Kahne, elle décida tout simplement de le supprimer et faire tabula rasa de son passé musical afin que l’on se penche sur ce qu’elle allait sortir désormais. C’est une approche audacieuse et certainement intelligente à la vue de ce qu’elle est désormais capable de sortir.

Plus tôt cette année, elle a enflammée la blogosphère avec son premier clip autoproduit Video Games vu par plus de 2 millions de fans à l’heure d’aujourd’hui. Si on peut parler d’elle comme d’une création de managers et de membres éminents de l’industrie musicale, elle s’en défend dans de nombreuses interviews et tente de prouver que son talent n”appartient qu’à elle. Dans l’attente de la sortie de son véritable premier album, elle nous offre aujourd’hui un EP dénommé Video Games – EP qui reprend donc son tube Video Games ainsi qu’une face B, Blue Jeans et 2 remixs.

Avis:
Cédant une nouvelle fois au hype, je me suis empressé d’acheter cet EP après avoir écouté une version live de Video Games sur Youtube. Comme beaucoup de monde, j’espérais y voir la nouvelle Tori Amos avec cette magnifique voix et ce côté acoustique digne de l’extraordinaire Under The Pink mais voilà, on en est très loin dans ce cas présent. Si la voix de la miss n’est nullement à blâmer, c’est plutôt du côté de la production et du mix où l’on trouvera largement à redire.

Les 2 titres s’avèrent particulièrement mal fagotés et exaspérants à écouter. Volontairement, je ne parlerais pas des remixs qui sont inutiles et pathétiques. Aucun rythme, aucune émotion ne transparait de ces 2 titres qu’elle aurait mieux fait de ne pas adjoindre à cet EP. Etant donné les qualités du titre, à savoir une belle mélodie, de bonnes paroles (encore que) et une voix émouvante, Video Games empile les couches émotives, les cordes et les effets de style ad nauseum.

Rien ne tient debout et c’est encore plus flagrant avec de bons écouteurs, le son est particulièrement mauvais et rend l’écoute pénible sur une bonne partie du titre. Lana Del Rey aurait mieux fait de proposer une prestation sobre, moins grandiloquente et qui ne pète pas plus haut que son popotin.

Blue Jeans est encore pire dans ce style avec une production à la limite du risible et un son triste à entendre, c’est d’autant plus dommage que le titre est ici aussi une réussite en version live minimaliste, preuve que le titre en lui même est bon. On est en pleine période From the Choirgirl Hotel (sans le talent néanmoins) mais une nouvelle fois, on se perd dans un miasme inaudible et horripilant au plus haut point. C’est tout de même fou de voir tous ces avis dithyrambiques pour une artiste qui a certes du talent et un physique avantageux mais qui devrait plus fasciner par sa voix que par sa bouche pulpeuse…

Forcément, ca va hurler au génie, à la douce ingénue timide qui est parvenue à se hisser au sommet grâce à son seule talent vocal et de réalisatrice (y a du boulot là aussi mais ne l’accablons pas pleinement) mais franchement on en est loin, très loin même. A moins d’un LP détonnant et magistral, je vois mal Lana Del Rey s’inscrire sur la durée et atteindre ce qu’est parvenu à faire Lady Gaga dans un passé proche.

Je vous conseille donc de faire ce qu’elle préconise et donc de vous limiter à écouter ses prestations live et sobres afin de profiter au maximum des réels talents vocaux de la demoiselle et d’en profiter de surcroit pour vous rincer l’œil. Pour le reste, économisez votre argent pour vous procurer le dernier Feist ou d’attendre les prochains Marina and the Diamonds et Florence & the Machine.

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