Critique : A Hope For Home - In Abstraction 3

Critique : A Hope For Home – In Abstraction

A Hope For Home n’est pas un groupe comme les autres, très proche d’une vision épurée de la musique, il contrôle une très grande partie de tout ce qui l’entoure et cherche à produire une expérience plus qu’un cycle album-tournée-album. Il a connu pas mal de turnover et de changement de membres mais il persévère et signe finalement sur un label indépendant. Le groupe connait pas mal de succès d’estime et se montre influencé par des groupes comme Envy et Isis. C’est donc le 6 décembre 2011 qu’est disponible leur 4ème album In Abstraction, album qui sonne très différent de ce qu’ils avaient fait auparavant.

Avis:
Le groupe a décidé de ne plus faire de tournée pour accompagner la sortie de leurs futurs albums et afin de se concentrer sur les compositions. Grand bien leur en a fait avec cet album car on est face à ce que le groupe a fait de mieux et de plus mature depuis leurs débuts. On est très loin des atermoiements de Realis et du copier-coller de Panopticon d’Isis qui en faisant certes un très bon album mais il manquait quelque chose pour le groupe soit meilleur et plus original. Dès Calm, on débarque en terrain conquis, le groupe est en verve et se régale avec ce titre Post-Hardcore à ambiance. Le groupe évite soigneusement le traditionnel et le standard en occultant les refrains et les parties redondantes.

On n’est plus vraiment face à un album concept mais vraiment dans un maelström d’idées et de pensées qui se percutent et finissent pas rebondir les unes sur les autres. Le résultat est très introspectif et relate la vie du groupe sans détours, on y croise donc la perte d’amitiés, les difficultés de vivre ensemble et sur les rapports humains en général. En grandissant, les membres du groupe ont d’autres centres d’intérêts, d’autres influences qui se sentent et s’échappent des titres de l’album comme une douce fragrance.

Les titres sont longs, sinueux et remarquablement structurés. On évite très largement l’ennui et la redite, le groupe s’évertue même à mélanger les genres pour mieux nous impliquer dans l’écoute (Out Of Ruin, Misery, Tides). On retrouve tout de même quelques perles Post-Rock (FireWind, The House Where You Were Born) parmi cet étalage de classe et de talent. Cet album se dévoile réellement après plusieurs écoutes tant il est riche et demande une écoute attentive.

Fire:Spread s’amuse d’ailleurs à faire les montagnes russes émotionnelles avec de belles plages calmes entremêlées de poussées virevoltantes mais jamais trop violentes. Il reste le titre le plus mainstream de l’album tout en étant particulièrement excellent. Le très long Everything That Rises Must Converge montre bien l’état d’esprit du groupe qui souhaite une mort rapide à bon nombre de mouvements musicaux des années 2000 afin de voir éclore un nouvel age réminiscent musical. Mis à part cette boutade, le message passe parfaitement bien et le groupe nous promet déjà un prochain album complètement différent de celui-ci. Tu parles de convergence!

Cet album est vraiment un très grand pas en avant pour le groupe qui dissipe un peu les brumes qui l’entourait pour aller finalement de l’avant et se frayer sa propre voie, son propre cheminement musical qui sera je l’espère couronné de succès comme il le mérite. Reste à voir si sa volonté de ne plus faire de tournées n’empêchera pas le groupe de se créer une nouvelle base de fans et de garder son ancienne. Pour le moment, cet album se déguste d’une seule traite tant il est compact, fort en gout et relevé. Bon appétit.

Achat:
Vous pouvez acheter cet album sur iTunes/a> au prix de 6.93€.

Extraits: