Critique : Prick - Prick 2

Critique : Prick – Prick

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Kevin Michael McMahon, auteur-compositeur et interprète. Prick est le second projet de cet homme orchestre mais très certainement celui qui lui tient le plus à Coeur. Prick est donc le premier album sorti en 1995 sous le label Nothing de Trent Reznor (Nine Inch Nails). Il s’agit d’un album de rock-industriel original et complet.

Histoire de remettre en place cet artiste dans la chronologie des années 2000, voici un petit résumé de son parcours. McMahon a donc commence à composer et à écrire avec son premier groupe Lucky Pierre en 1974, à base de singles et d’EP jusqu’en 1981. Les radios indie commence à s’intéressé à lui et il parviens à réunir un groupe live afin de faire plusieurs tournées aux USA. Malgré un certain succès d’estime, McMahon met en pause Lucky Pierre jusqu’en 1988, ou il enregistrera l’EP the Communiqué avec son groupe et des featuring comme Trent Reznor. En 1988, Lucky Pierre intègre Trent Reznor dans son effectif et sera manager par John Malm, Jr, le manager de Trent Reznor. Lucky Pierre ne poursuivra pas l’aventure au delà cet EP mais McMahon va rester en contact avec Trent Reznor et Malm.

En 1995, Prick est signé chez Nothing et sortira son premier album industriel où Trent Reznor produira 4 chansons et lancera ainsi l’hameçon que MTV ne tardera pas à attraper en pleine frénésie industrielle entre The Downward Spiral et les débuts de Marilyn Manson. Animal, le premier single se verra joué un peu partout aux USA. Il fera également la première partie des concerts gigantesque de Nine Inch Nails et de David Bowie.

Même si il a sorti depuis un second album, The Wreckard en 2002, nous allons nous intéresser de plus près à Prick. Avec cet album de 10 titres, McMahon parvient à mettre en place son petit univers et ce malgré la production un brin emcombrante de Trent Reznor qui fait sonner cet album comme le sien avec des sonorités, des riffs et un mixage qu’il ne pourrait pas renier si on lui présenté cet album comme son rejeton non reconnu. C’est évident, l’influence est là mais elle n’est pas assez forte pour obscurcir le réel talent de McMahon.

Autant je dois bien avouer être un fan inconditionnel de Trent Reznor, autant je trouve sa présence presque étouffante sur cet album. On a l’impression d’être en face d’un clonage de Antichrist Superstar et de Burn mais les moyens en moins. Heureusement, Prick n’est pas Marilyn Manson et il nous prouve avec cet album qu’il peut offrir autre chose qu’un simple faire valoir.

Prick est un excellent album qui parvient à s’imposer comme un album industriel majeur des années 2000. La qualité intrinsèque des compositions est difficile à nier et on s’attardera sans aucun souci sur cet album même 10 ans après sa sortie. Il y a largement de quoi contenter les fans d’industriel et de rock avec des titres comme Animal, Though, No Fair Fights, I Apologise, Crack et I Got It Bad.

La voix fait indubitablement penser à du Marilyn Manson période Antichrist Superstar avec sa sursaturation et ses hurlements aigues. La production est soignée malgré le pedigree envahissant de Trent Reznor. On passé de purs joyaux industriels bruyants et défoulant à des titres plus rock teinté de métal sur certains riffs. Les crescendos sont légions et se terminent en orgie sonore pour nos douces oreilles. Les titres s’enchainent sans aucune lassitude et sans avoir le sentiment qu’il y ait de titres fillers ou juste là pour meubler.

Les titres plus calmes sont tous aussi bien amenés et parviennent à atteindre une intensité difficile à imaginer au début de l’album. McMahon est bel et bien un artiste à part. I Got It Bad est un bien bel exemple d’excursion en dehors de l’industriel réussie avec son refrain pop et sa guitare digne de Last. S’ensuit le très georges michaelesque I Apologise qui sera son petit effet sur le gente féminine. Le titre se veut pop et il est pleinement assume par McMahon.

L’album se termine sur l’intimiste MakeBelieve qui clôture parfaitement les débats. On regrettera juste que l’album ne soit pas plus long au final malgré la grande variété des compositions. Comme je l’explicité préalablement, cet album est une référence dans le courant industriel et c’est mérité. Grace à l’ouverture d’esprit de Kevin et aux moyens de Trent Reznor, cet album a tout pour lui et si vous êtes passé à côté de lui dans les années 90; ce serait judicieux d’y prêter une oreille attentive en 2010. Sachant que Prick risqué de refaire parler de lui dans les années qui arrivent, ce sera de bon aloi d’être déjà prépare à ce qui s’annonce comme un retour gagnant.