Critique : Crippled Black Phoenix – I, Vigilante

Crippled Black Phoenix est un collectif de musiciens regroupés sous l’égide de Justin Greaves afin de former un supergroupe anglais.

Contenant 8 membres à l’heure actuelle, le groupe s’amuse et amuse la galerie avec des albums expérimentaux et particulièrement intéressant à l’écoute. On retrouve donc un amour du travail bien fait et de très très nombreuses influences qui forgent un son particulier et très roots, Folk, old school virant un poil vers le prog.

Il est donc très difficile de décrire ce groupe tant tous leurs albums sont différents les uns des autres mais un consensus général était établi au sujet de leur précédent album sur un degré d’expérimentation un poil trop en roue libre et une attirance vers le folk trop prononcée.

Le groupe nous propose donc son 4ème album dénommé I, Vigilante et qui est disponible depuis le 30 aout 2010 et dont j’ai fais récemment l’acquisition. Voici donc le temps venu de la chronique de cet album attendu pour ma part.

Critique:
L’album commence directement avec le très lourd dans le fond et la forme, Troublemaker. Loin d’être mauvais, il donne vraiment l’impression que le groupe repart dans le prog estampillé 70’s mais remit au gout du jour avec une production léchée et bien pensée. Le tout coule progressivement dans nos oreilles et nous prépare à ce qui nous attend par la suite avec le fabuleux We Forgotten Who We Are.

Départ lancinant, subtil, pénétrant mais surtout qui touche au sublime pendant les 11 minutes qui le compose. Quelques teintes de Post Rock par ci et par là mais surtout du rock prog comme on l’aime, inspiré, complexe et bandant. A écouter donc histoire de se faire une idée de ce qui vous attend avec ce titre.

Fantastic Justice commence tout aussi bien que le titre précédent, à savoir avec classe et pureté. La voix est toujours aussi bonne, la prod au top et les musiciens au taquet. Difficile de ne pas aimer si l’on est fan de musique un peu complexe et chiadée. Les 8 minutes passent trop vite on se surprend à se demander si l’on est pas en face d’un album of the year tout simplement.

Bastogne Blues commence avec des sons stridents, un monologue un poil particulier le meurtre d’un jeune homme par un autre et sur les circonstances de cet homicide. Le titre avoisine les 12 minutes et nous bloque devant sa beauté froide et sa froideur récurrente et lancinante. Les orchestrations sont au rendez-vous, la production toujours au top avec une seconde moitié du titre tout simplement magnifique. Chapeau bas!

Of A Lifetime n’est pas franchement la suite directe des 4 titres précédents et on retrouve une reprise du titre de Journey. Si je peux comprendre les esprits chagrins qui verront dans ce titre le sabordage de l’album, je trouve personnellement cette touche originale et plutôt salvatrice dans un album qui aurait pu être chiant sur la durée à trop se la jouer prog de luxe. La reprise est excellente lorsque l’on connait la version originale.

Burning Bridges arrive donc en hidden track pour clôturer l’album et force est de constater qu’il détonne complètement du reste de l’album avec cette reprise jouissive et délurée du générique de Kelly’s Heroes. On est en pleine ambiance disco, un régal pour moi connaissant la version originale et un sacrilège pour tous ceux qui auront fait leur critique sur une version leakée de l’album sans savoir qu’il ne s’agit pas d’un vrai titre de l’album mais d’une sucrerie délicieusement fun et à prendre au second degré.

Avis:
Et bien et bien quel album! Malgré la présence de 2 reprises qui ne feront pas foncièrement plaisir aux culs serrés mais qui feront la joie des amateurs de vieilleries pas foncièrement à leur place mais au doux plaisir indicible du non sens, cet album pète la classe et déborde de générosité comme peux de groupes peuvent se le permettre.

Forcément, avec un nom comme ca, une pochette comme ca, il y a fort à parier que cet album ne fera pas long feu dans les mp3 des plus jeunes d’entre vous mais pour les vrais, ceux qui savent, cet album est un concentré de talent et de génie qui marque d’une empreinte indélébile cette année musicale avec un grand C comme classe.

Ce super groupe répond au final parfaitement aux attentes des amateurs de prog, post rock chiadé et ambitieux. Les 2 apartés finales ne sont que la preuve que le groupe ne se prend pas foncièrement trop au sérieux mais qu’il est bel et bien là pour satisfaire leurs fans sans forcément aller en chercher d’autres avec des mélodies faciles et des artifices alambiqués histoire de cacher la forêt de mauvais goût et la négation même de talent.

C’est un album Must Have de cette année, c’est certain. Foncez, vous risquez d’être surpris.

Achat:
Vous pouvez donc vous procurer cet album sur iTunes au prix de 9,99 € ou sur Amazon au prix de 8,99 €.

Plus d'articles
Cober Ord
Critique : Cober Ord – Le Revers du Soleil
at tristique venenatis, ut sit Aliquam sed suscipit Donec ipsum elit. id