Critique : Agnes Obel - Philharmonics 2

Critique : Agnes Obel – Philharmonics

Agnes Obel est une jeune auteur compositrice Danoise qui est parvenue à se faire un nom grâce à son Myspace.

Grâce au titre Just so, elle est repérée par le service presse de Deutsche Telekom qui l’utilisera comme musique de fond d’une publicité en Allemagne. Forcément, un label va s’empresser de la signer et de l’aider à finaliser un album déjà très attendu par la presse bobo et arty internationale.

C’est donc le 4 octobre 2010 qu’est disponible son premier LP dénommé Philharmonics qui étend donc son spectre musical à des relents de Tori Amos, Joni Mitchell et pas mal de jeunes artistes proches du courant classique chic.

Critique:
Difficile de faire une critique titre par titre tant l’album est cohérent et surtout de qualité. On retrouve de magnifiques passages de piano, un minimalisme du plus bel effet quand aux effets de voix et au niveau de la production.

L’ensemble commence avec 2 titres magnifiques, Falling Catching et Riverside. On toucherai presque à la grâce avec cette entame d’album et forcément, c’est surpris et un peu en émoi que l’on découvre Brother Sparrow. On est plus dans l’acoustique léger, pas trop pop mais assez pour ne pas confondre les titres entre eux. Il n’y a pas vraiment d’emballement et la production est toujours aussi propre.

C’est bien avec Just So avec ces faux airs de Yael Naim que l’on découvre le pendant pop chic de la demoiselle. Réussite complète sur toute la ligne jusque là, l’album va alors perdre un peu de se superbe avec quelques titres un peu plus anecdotiques.

Beast enchaine bien avec une voix qui penche un poil vers Björk dans les intonations mais qui reste malgré tout agréable et fluide. Louretta avec ses faux airs de musique de transition et de pub pour une banque ou une assurance vie refroidi clairement l’ambiance.

Avenue rejoue donc une ritournelle lente et feutrée avec malgré tout quelques percutions ici et là qui tentent de donner plus de coffre au titre, peine perdue à vrai dire. Philharmonic arrive ensuite avec le même esprit mais avec une présence bienfaitrice du piano qui sans trop en faire apporte énormément au titre. Pas foncièrement indispensable à l’album mais on se raccroche au bon wagon.

Close Watch est une reprise très réussie de John Cale. S’ensuit dès lors l’instrumental un poil trop court Wallflower qui est une parfaite transition entre le ventre mou de l’album est la fin qui s’annonce réussie. Over the Hill et On Powdered Ground ne bousculent au final pas grand chose et se contentent donc de plagier une nouvelle fois ce que le début de l’album nous a offert. Dommage

Avis:
Voici donc une bien belle découverte qui fera à coup sûr la une des journaux artys et pédants qui annonceront donc la nouvelle reine qui venait du froid. Est-ce bien raisonnable? Oui et non en fait. La miss, non contente d’être plutôt photogénique, dispose d’un talent certes froid mais indéniable.

Très forte sur les ambiances et sur la fluidité des compositions, elle pèche néanmoins par excès de zèle sur des titres mineurs voire dispensables. Le début de l’album est parfait avec vraiment des chansons fortes, une personnalité et un talent qui éclabousse nos écouteurs et font qu’il est facile de crier au génie. Pourtant tout n’est pas si simple et les influences de la demoiselle se font entendre de plus en plus fort pour au final aseptiser le discours et la trame.

Il n’y a pourtant pas grand chose à jeter dans cet album car tout est écoutable en boucle et on arrive même à sélectionner la touche repeat album pour avoir un fond sonore calme et apaisant. On est bien face à un futur talent Danois mais il va falloir convaincre plus si elle ne veut se cantonner à des musiques de publicités ou d’open space. Cet album reste malgré une bien agréable découverte me concernant mais je ne serais pas aussi dithyrambique que les autres chroniqueurs sur le Web.

Achat:
Vous pouvez donc vous procurer cet album sur iTunes au prix de 9,99 €.