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Test : SOMA

Sous la mer personne ne vous entendra crier!

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SOMA, le nouveau jeu de Frictional Games, est enfin disponible après 5 ans d’attente! Après les succès retentissants de Penumbra et d’Amnesia: The Dark Descent, Frictional Games était attendu au tournant après l’accueil assez timoré du public avec Amnesia: A Machine for Pigs chroniqué sur le site ici même. SOMA est un jeu d’aventure à la première personne qui mélange habillement les genres et parvient à rendre crédible un univers mâtiné de science-fiction inspiré des livres de Greg Egan, Peter Watts, China Mieville et Philip K Dick pour ne citer qu’eux.

On contrôle donc Simon Jarrett, un homme qui voit sa vie basculer suite à un accident de voiture où il perd sa famille. Comme si un malheur ne pouvait arriver seul, son cerveau est gravement endommagé et il accepte de faire des tests expérimentaux afin d’essayer de se soigner. Après avoir quitté son appartement et avoir pris ses médicaments, il se retrouve dans un laboratoire dans le but de faire un scanner. Lors de l’examen, il perd connaissance et se retrouve sans trop comprendre ce qu’il se passe dans une station sous-marine dénommée PATHOS-2. C’est désormais à nous de découvrir ce qu’il s’est passé sur terre et de comprendre le chaos et le mal étrange qui rôde dans la station. Heureusement, il ne sera pas seul dans sa quête car il fera la connaissance de Catherine, un autre être humain qui est dans une partie de la station.

SOMA est un jeu que l’on peut aussi qualifié de survival-horror car il nous place dans des situations horrifiques ainsi qu’à la merci de monstres qui se promène dans la station et qui vont tenter de nous éliminer dès que la moindre ocassion se présentera. Pour se défendre, Simon ne disposera pas d’armes, il va falloir se cacher et observer les monstres afin de comprendre comment ils réagissent et comment les éviter sans se faire remarquer. Le jeu permet au joueur de se déplacer traditionnellement, de courir, de s’accroupir et d’utiliser des objets les uns avec les autres. Une lampe torche arrivera peu après et nous permettra de se mouvoir dans des environnements sombres et inquiétants. SOMA nous permet également de déplacer presque tous les objets qui se trouvent dans les décors quels qu’ils soient. Si on peut passer de longues minutes au début du jeu à tout bouger et à s’amuser à tout balancer dans les toilettes dans l’appartement de Simon, le jeu nous fait vite comprendre que tout n’est pas possible au niveau des intéractions et c’est bien dommage.

SOMA fait partie de ces rares jeux qui sont basés sur le principe de 4 niveaux de design narratif à l’instar de The Vanishing of Ethan Carter. Sans vouloir allez trop loin dans l’explication du concept, je vais résumer les différents niveaux ci-dessous:

  • Niveau 1, Gameplay: Le joueur doit accomplir des taches en utilisant sa tête et son corps.
  • Niveau 2, But narratif: Le joueur doit comprendre et accepter des objectifs et des buts à court terme.
  • Niveau 3, Background narratif: Les actions du joueur doit révéler petit à petit les tenants et aboutissants de l’histoire.
  • Niveau 4, Modélisation mentale: Le jeu doit fournir au joueur les clés pour mieux appréhender l’expérience et les sensations.
  • SOMA est une expérience unique à vivre et à ressentir, en effet, on se retrouve assez vite à comprendre que l’on n’est pas face à un vulgaire clone d’Amnesia: The Dark Descent. Le jeu n’est pas plus effrayant que ça au final et il ne faut pas s’attendre à subir trop de scare jumps et autres effets horrifiques faciles et convenus. Grâce à une excellente utilisation du premier niveau, on se sent connecté à l’univers du jeu et on se surprend à jouer sans utiliser de guides tant le jeu est intelligent dans sa gestion des puzzles et des rencontres avec les monstres et autres protagonistes. Le niveau 2 est lui aussi parfaitement maitrisé avec des buts et autres objectifs clairs et limpides, on n’est pas toujours dans l’urgence et on a parfois tout le temps d’explorer les différents sites à la recherche d’indices sur le background du personnel et sur ce qu’il s’est réellement passé dans la station.

    Grâce à un scénario complexe et qui nous amène à réfléchir sur notre identité propre, notre conscience, nos choix moraux et sur notre condition humaine, SOMA nous oblige parfois à prendre des risques inconsidérés pour aller consulter les logs d’un ordinateur se trouvant dans une pièce surveillée par un monstre par exemple. Il est rare de voir un jeu réussir aussi brillamment sa narration et sur le déroulement de son histoire, on s’implique à 100% grâce à des choix moraux qui n’ont pas de réelle implication dans le jeu mais plutôt dans notre esprit une fois le jeu terminé. Je n’irais pas jusqu’à dire que l’on ressort traumatisé par le final de SOMA mais on se pose indubitablement de vrais choix que l’on doit effectuer dans le jeu et sur notre rapport avec l’autre protagoniste principal Catherine.

    SOMA en profite d’ailleurs pour devenir le maître étalon à battre en termes de présentation et de story-telling. Tout est magistralement mis en scène sans esbroufe, le moindre mouvement d’objet et intéraction avec des éléments du décor est animé; les ordinateurs et autres tablettes sont faciles à utiliser et à naviguer. On appréciera également que le jeu mette en exergue les éléments importants de l’histoire ou les blackbox des âmes en peine de la station. On peut ainsi mieux comprendre les liens entre les différents protagonistes et l’avènement de la menace artificielle dont je tairai le nom afin de ne pas spoiler gratuitement le jeu. La fin de l’histoire est par ailleurs remarquable avec tout ce qu’elle engendre de réflexion et de remise en place du puzzle principal. Je vous conseille d’ailleurs fortement d’attendre la fin des crédits après avoir terminé le jeu, il y a un chapitre supplémentaire à vivre.

    SOMA jouit d’une réalisation exemplaire avec des graphismes superbes (quoi qu’inégaux par moments), une ambiance sonore parfaite et des contrôles parfaits pour ce genre de jeu. La durée de vie est au rendez-vous avec environ 8 à 12 heures pour le terminer pour peu que l’on tente de découvrir tout le background et que l’on perde un peu de temps sur quelques puzzles plus complexes que d’autres. Le jeu n’est pas très difficile au demeurant et on peut le terminer sans guide ou aide externe, c’est d’ailleurs une des grande force du titre, même si certains niveaux sont complexes, on comprend toujours ce qu’il faut faire en quelques secondes si on se donne la peine d’écouter tous les dialogues et de recueillir la plupart des indices. L’immersion est également parfaite, on se retrouve dans des endroits et autres situations très impressionnantes sur certains niveaux. Les niveaux sous-marins sont exceptionnels de tension et d’ambiance malgré leur côté couloir et le fait que le jeu rame un peu dans ces phases.

    Au niveau des regrets, on notera surtout des performances pas toujours au top malgré une bonne configuration dans les niveaux se situant sous l’eau ainsi que quelques plantages gênants et autres bugs nous permettant de sortir des cartes du jeu. Frictional Games est d’ailleurs assez réactif à ce sujet et il propose de temps en temps des patchs beta sur Steam. Si l’on est un peu plus bricoleur, il est possible d’aller éditer les fichiers de paramétrages manuellement pour débloquer la limite de FPS par exemple. Certaines créatures sont plus frustrantes que d’autres et on peut finir par s’agacer par certaines situations provoquées par l’IA des dites créatures. C’est d’autant plus dommage que les passages concernés sont importants dans l’histoire et que la tentation de foncer sans réfléchir est forte et nous fait passer à côté de certains détails primordiaux pour la bonne compréhension de certaines situations.

    Le jeu dispose de cartes Steam qui sont assez intéressantes au niveau du prix et de la revente à l’heure actuelle. Il dispose également du Steam Cloud qui vous permettra de jouer sur plusieurs ordinateurs avec la même sauvegarde, pratique. Le temps de premier chargement est assez long en général mais les suivants sont autrement plus rapides. Le jeu est assez gros et pèse pas moins de 20go sur le disque dur avec une archive RAR de presque 1Go qui contient des bonus et autres artworks des premières versions du jeu. Trouver le mot de passe n’est pas facile mais vous devriez pouvoir le trouver facilement sur Internet.

    SOMA est très certainement mon jeu préféré de 2015 à l’heure actuelle. Il est très difficile de croire que le jeu n’a requis que 15 personnes à la vue de l’attention apporté au détail ainsi qu’au résultat final pour une si petite équipe. Si vous aimez les jeux de science-fiction qui font un peu peur et qui font réfléchir, SOMA est fait pour vous! A l’instar de The Talos Principle et The Swapper il nous pose de bonnes questions sur les robots, les émotions et la conscience mais à l’inverse d’eux, il marie parfaitement la réflexion, la narration et l’environnement de jeu pour nous proposer ce qu’il se fait de mieux en à la matière en 2015. Bluffant, tout simplement!

    Achat:

    Vidéo:

    Images du jeu:

    Images concept:

    Notes OpenCritic:

    Au final:

    Verdict - 9.5

    9.5

    SOMA est très certainement mon jeu préféré de 2015 à l'heure actuelle. Il est très difficile de croire que le jeu n'a requis que 15 personnes à la vue de l'attention apporté au détail ainsi qu'au résultat final pour une si petite équipe.

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    Loutre Perfide

    Vieux con qui cherche à faire découvrir quelques perles dans tous les domaines.

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