Put Your Hands On Me

Critique : Paco Sala – Put Your Hands On Me

Paco Sala est un duo plutôt méconnu dans nos contrées qui est parvenu à se faire un petit nom avec un premier album brillant mais perfectible, Ro-Me-Ro. Le groupe parvient à mélanger avec brio de très nombreux genres musicaux sans jamais trop se rater malgré quelques titres oscillants entre le médiocre et le fabuleux. Paco Sala est donc de retour avec un nouvel album, Put Your Hands On Me que le groupe présente de la sorte sur son Bandcamp:

Paco Sala has come a long way since the dusty beats of their debut, « Ro-Me-Ro. » The duo of Antony Harrison and the rechristed Birch (formely Leyli) dissected and reassembled their sound during the two years « Put Your Hands On Me » was written and recorded. This album, their second, runs deeper and is far more collaborative in all aspects.

« Put Your Hands On Me » is steeped in violence, sometimes subtle and sometimes overt. Scars left from a brutal past play victim to the minor-chord synth swells and complex rhythms. In between whispers, Birch howls with a vengeance. Her voice provides a counterweight to Harrison’s gunshot-fed beats and glowing synths. Each hushed tone or whispered lyric is bathed in smokey neon hues, lost in a binge-fueled haze.

Album opener « Impossible Places » melts disparate influences from anime soundtracks to contemporary R&B to 80s no-wave into a cathartic reverie while the cryptic melodies of « Jonny Silverhands » soundtrack the coming dystopian future. Birch’s voice is soft and sultry against the sharp synths and rhythms of « The ACO, » acting as a barrier between the perpetrator and a sea of bubbling rage. There’s a scattered diversity to « Put Your Hands On Me » yet it never loses its cohesive thread. It’s a massive album, meticulously assembled and masterfully engineered. Paco Sala aren’t fucking around any longer.

Dès le premier titre, Impossible Places,on est dans un trip particulier, à mi-chemin entre l’électro-wave typé années 80 et des sonorités que l’on croirait directement sorti de Ghost In the Shell. Étrange mélange à la fois envoutant et pernicieux qui ne nous prépare pas à la claque que l’on reçoit le long des 10 titres de cet album complexe à forts relents ‘putassiers’. Put Your Hands On Me est une claque sonore merveilleusement mixée et dont la production est non seulement léchée mais aussi complexe que la thématique évoquée. Les voix sont lancinantes et pénétrantes, elles nous amènent là où ne s’y attendait pas dans un doux voyage enivrant et emprunt de sexualité à fleur de peau.

Imperial Needs ne nous laisse pas respirer malgré son côté minimaliste, sa douce mélopée enivre et désinhibe nos sens. Sans aller du côté R&B franc du collier, cet album sait se faire désirer et provoquer quelques hérissements pubiens. D’autres titres piochent plus vers la pop ‘shoegazienne’ ou vers une techno bien anglaise qui à la très bonne idée de ne pas s’éterniser. Les beats et les synthés sont parfaitement contrebalancés par la voix chaude et envoutante ce qui contraste assez nettement avec les quelques errances du premier album. L’ensemble est cohérent et surtout plus pernicieux qu’il n’y parait. Sous son côté soft se cache une vraie claque musicale basé sur le côté bipolaire du groupe.

Put Your Hands On Me est un véritable travail d’orfèvre en matière de mixage et de qualité de production, le travail apporté à l’élaboration de cet album force le respect tant il arrive à être varié mais cohérent sur son intégralité, on ne s’ennuie pas une seule seconde et il faudra de très nombreuses écoutes pour en extraire le sulfureux substrat. Les titres s’enchainent avec brio sans mauvaise surprise ou sentiment d’assister à une représentation ‘arty’ de groupe ‘hipster’ à la mode.

Les perles se suivent sans se ressembler, The ACO, Peace Keeper, le fabuleux Sausalito et la claque Salvo, titre phare de l’album. Ce n’est pas la peine d’énumérer tous les titres car ils sont tous excellents et ils méritent une écoute intégrale de l’album, c’est un album qui s’écoute et se ré-écoute sans problème même si il reste à conseiller dans un cadre intime et en bonne compagnie avec ou sans alcool.

Paco Sala nous propose un very good trip sensuel qui oscille entre la dystopie et l’hallucination collective. Unique et délicat, ce Put Your Hands On Me est un bon candidat pour le titre de l’album de l’année me concernant mais il reste très difficile à cerner pour les oreilles moins aventureuses. Sachant que l’album est disponible à un prix fort correct en ALAC ou en FLAC (5.3€ si vous passer par le bandcamp du groupe), je vous le conseille fortement si vous aimez les albums hors normes et l’électro-pop à milles lieux de la synthpop qui fait des ravages en ce moment.

Achat:
Vous pouvez acheter l’album sur le Bandcamp du groupe au prix de 7$ en version digitale.

Ecoute intégrale: