Critique : Porcupine Tree - The Incident 2

Critique : Porcupine Tree – The Incident

Porcupine Tree est un groupe de rock progressif (un peu touche à tout pour être honnête) qui sévit depuis de nombreuses années dans notre paysage musical.
Disposant d’une renommée internationnale et surtout d’une base de fans bien établie, Porcupine Tree s’est donc lancé dans la réalisation de l’excellent Fear of a Blank Planet sorti en 2007.

Après le succès de celui-ci, ils se sont mis à travailler sur le nouvel album qui sera distribué sur 2 cds.

Après avoir changé plusieurs fois de style, Porcupine Tree nous revient dans un album dense et ambitieux. Exit donc le pop-rock de In Absentia et le ton grave et dense de Fear Of A Blank Planet. L’ambition est toujours là et il sera difficile de taxer le groupe de laxiste tant cet album est différent du précédent sur de très nombreux points.

L’ambition est le maitre mot de ce monolithe de 2 cds comportant une trame principale de 14 titres s’imbriquant parfaitement pour créer non pas un album à chanson mais une aventure sonore presque palpable tant on ressent le moindre changement de rythme et d’ambiance.
Le reste de l’album est plus classique mais néanmoins intéressant avec 4 titres qui peuvent être qualifié de Bonus et qui ne sont bien différents des titres précédents.

L’album commence sur un titre intro instrumental plutôt compact et pêchu. S’ensuit des titres liés entre eux par une trame unique et qui oscillent entre le calme down tempo et le plus agressif. CE mix est même de mise dans les morceaux eux-mêmes comme Drawing The Line qui est une pierre angulaire de l’album tant il est dense et percutant.

La suite se distingue un peu des 5 premiers titres avec The Incident (titre de l’album) qui privilégie l’électro et annonce la suite de l’album, à savoir plus noir et désespéré. Les riffs se font plus incisifs et la violence de mise. Le calme succède au fantomatique pour nous amener vers un final quasi religieux et aimant. Le texte se veut alors plus léger et monotone avec un titre transitoire tout en claviers et solo de guitare haut perché pour se terminer en ambient basique.

Time Flies arrive donc avec sa guitare limpide et ses paroles nostalgiques nous prévenant que le temps file, c’est tout à fait vrai et applicable à l’album. On est déjà au 9 ème titre et son écoute est fluide, captivante. On retrouve donc un titre de 12 minutes parfaitement segmenté et jubilatoire. Le titre se mue en complainte stridente et aigue pour mieux revenir sur l’ambiance initiale.
Une nouvelle transition intervient pour mettre en place la fin de l’album, on est presque dans le métal et ses dérivés. Le degré 0 de la liberté nous amène vers un horizon plus mélancolique et réminiscent de Drawing The Line avec son début calme et surtout son break final violent et joué de façon magistrale. Il n’y a pas à dire, Porcupine Tree est toujours aussi impressionnant musicalement parlant et techniquement.
The Séance est un titre transitoire qui succède à ce torrent de riffs et de violence pour nous ramener dans le calme illusoire et rassurant. Il nous amène calmement vers un autre brulot Circle of Manias. Totalement instrumental, le titre est extrêmement puissant. C’est la dernière ligne droite avant le grand final, I Drive The Hearse, qui clôture de façon magistrale cet album.

La chanson suivante est très calme, presque au niveau d’un slow avec ses paroles mielleuses et sucrées. Le silence serait donc un autre moyen de dire ce que l’on a dire. La chanson garde malgré tout un côté industriel diffus dans les tréfonds du titre. Le riff central est de toute beauté, il ne se perd pas en longueur et constitue le coeur du titre.

Les 4 titres qui suivent sont moins bons dans leur production et leur ensemble mais ils apportent néanmoins la preuve que niveau inspiration, Porcupine Tree a peu d’égal en la matière au niveau rock progressif. Ils sont plus lents et mélodiques, plus classiques aussi. Bonnie The Cat se démarque néanmoins par sa structure alambiquée et son riff hypnotique. Pour le reste, on est presque dans du Led Zeppelin.

Inutile de vous dire que Porcupine Tree reste comme le leader charismatique du rock progressif, il évite la redite et innove une nouvelle fois avec cet album qui pourra rebuter les fans de la dernière heure tant l’ensemble est compact et dense. Il y a peu de groupes qui arrivent à combiner autant la maitrise mélodique et une technicité de haut vol. Riverside dans une moindre mesure peut se targuer d’être tout aussi innovant qu’eux mais au niveau production et qualité sonore, ils ont encore du chemin à parcourir.

Amateurs de rock progressif, vous avez là un album de grande classe à écouter de toute urgence. Ce n’est pas le meilleur album de Porcupine Tree mais on s’en approche.

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