Critique : John Maus - We Must Become The Pitiless Censors Of Ourselves 2

Critique : John Maus – We Must Become The Pitiless Censors Of Ourselves

John Maus est un artiste américain qui aime l’électronique, les années 80 et la musique expérimentale. Il a déjà sorti 2 albums sous son nom propre et nous propose donc son troisième album disponible depuis le 20 juin 2011. Il a également collaboré avec Ariel Pink sur 2 albums.

Avis:
Voici donc venu le temps des 80’s et de la sortie d’un artiste hypé au plus haut point par de très nombreux blogs et sites musicaux traditionnels. Autant être au courant immédiatement, cet album est très très particulier. Il faut aimer la new wave, les claviers lourds et sourds et les voix sous mixées. On est en plein trip old school avec néanmoins une production plutôt léchée et moderne malgré une volonté manifeste de faire indie pour faire indie. L’album est ben parti pour nous faire planer avec ses machines à vapeur et ses lasers qui nous amène directement en arrière, une vraie time machine!

L’électro-dream-pop de Streetlight tranche dans le vif et nous fait légèrement sourire par la voix un brin décalée et incompréhensible de John avec le synthétiseur qui fait va et vient tout en rajoutant d’autres couches crémeuses à un ensemble un brin indigeste mais néanmoins savoureux. En gros on se demande si on s’approche du génie ou de la blague de potache et ce n’est pas la basse et la voix de Quantum Leap qui va nous aider à nous faire une opinion plus concrète. J’ai beau être matinal et un peu nostalgique des années 80, l’album passe bien mais on est très loin de la révolution annoncée.

…And The Rain ne nous rassure pas et on est en plein bordel nostalgeek qui parvient néanmoins à toucher la corde sensible. Hey Moon se montre bien plus à son avantage avec son ambiance plus posée et romantique malgré quelques effets bontempi qui font tache mais sont heureusement assez rares. Keep Pushing On reste sur le même crédo avec ses synthés hypnotiques et son hommage relatif aux sonorités allemandes. Le titre ne varie que peu mais il s’enrichit au fur et à mesure de son avancée de sonorités monotones et obscures.

The Crucifix se veut court mais intense. Le trip est toujours aussi spécial et sombre mais en faisant fi de nos réticences initiales, l’album se laisse écouter sans déplaisir. Head For The Country est un titre un nouvelle fois sympathique mais il se perd assez rapidement dans les ambiances de cathédrales et les synthétiseurs. Cop Killer nous ramène dans une OST de série B ou de mauvais film avec son abus de reverb et d’aller-retour tortueux de synthétiseurs. Matter Of Fact est déjà plus moderne dans son entame et plus électro-Dream. Forcément, une fois la voix collée sur la musique, on se demande encore une fois si l’ensemble est parodique ou symbolique. We Can Breakthrough ne porte pas très bien son titre avec ses voix simultanées et ses montées acidulées.

Believer constitue donc ce qu’il y a de meilleur dans cet album avec une structure plus traditionnelle et une durée enfin correcte. Le mieux étant de vous faire une idée par vous-même avec l’extrait ci-dessous mais soyons clair, cet album n’est pas pour tout le monde. On peut être fan des années 80 et détester cet album tout comme on peut aimer la musique récente et être ému par cette avalanche de guimauve et de souvenirs abscons. A vrai dire, j’ai le fondement entre 2 chaises avec cet album, je me suis régalé les premières écoutes et profondément ennuyé après 12 écoutes. C’est un album que l’on aime détester qui fera le bonheur des hipsters wanabee et fera fuir ceux qui pensent encore que la musique doit être audible et compréhensible au bout de 3-4 écoutes. Je regrette donc un peu l’achat de cet album malgré quelques très bons moments passés dessus.

Achat:
Vous pouvez acheter cet album sur iTunes au prix de 8.99€.

Extraits: