Test : Diablo III

Il aura fallu attendre pas loin de 12 ans pour voir enfin débarquer sur PC et Mac le troisième volet de la série Diablo. Inutile de dire que la genèse du projet a été longue et que Blizzard a du s’y reprendre à plusieurs fois son jeu avant de nous le proposer en téléchargement et en boitier DVD. Blizzard n’a d’ailleurs pas caché qu’il comptait sur Diablo 3 pour tester quelques nouveautés en matière de contrôle du jeu et de ses flux financiers. Le titre, qui a défrayé la chronique avec son ambiance graphique chatoyante à la Word of Warcraft et la perte de l’identité graphique de la série, s’est retrouvé affublé de nombreux autres tares comme une obligation de jouer online même pour jouer seul sans ouvrir sa partie ou sans jouer avec ses amis et l’ajout tendancieux d’un hôtel des ventes à argent réel.

Qu’il est loin le temps où l’on pouvait jouer à ses jeux sans avoir une connexion internet permanente! Que ce soit avec Steam (malgré la présence d’un mode Hors-ligne plus anecdotique qu’autre chose) ou avec Diablo 3 désormais, il devient nécessaire d’être connecté pour pouvoir jouer tranquillement en solo. Une honte? Plus ou moins, si Blizzard se défend et explique l’utilité du processus, on reste un brin interloqué devant cette évolution de la série et des futurs sorties de Blizzard (Starcraft II ne permettait que le jeu contre IA en Hors-ligne). Il sera donc impossible de jouer dans le train, à l’étranger ou même chez grand-mère dans le fin fond du Larzac.

L’ajout de l’hôtel des ventes à argent réel est un autre grief que l’on peut faire à l’encontre du jeu mais il n’est pas vraiment aussi pénalisant que le précédent problème. Et d’un il est tout à fait possible de jouer sans passer par la case HV (Hôtel des ventes) et on peut tout aussi bien éviter de relier son compte Paypal au jeu afin de ne pas être tenté par l’achat compulsif d’items à 250€. On remarquera également que Blizzard a bien fait les choses concernant le mode Hardcore qui ne récupère qu’un HV en gold plutôt en qu’argent réel. Vous allez me dire que de points négatifs pour commencer et vous aurez bien raison car il est important de préciser directement les plus gros problème du jeu à l’heure actuelle.

Que ce soit pour les néophytes du genre ou les accrocs, la série des Diablo est une série à part dans le jeu PC et il est très difficile de faire mieux ou même d’arriver à faire aussi bien malgré de très nombreuses tentatives (Torchlight, Titant Quest, Baldur’s Gate : Dark Alliance). L’attente des fans était de facto démesurée par rapport à ce qu’a pu proposer Blizzard en terme de serveurs et de leur stabilité. L’erreur 37 est devenue légendaire et à largement impacté la sortie du jeu. Ces erreurs font désormais partie du passé mais on se retrouve de temps en temps à subir des maintenances de serveurs et autres crashs de l’HV ce qui ne fait pas trop sérieux pour un jeu made in Blizzard.

Concernant le jeu en lui-même, on ne prend pas les mêmes et on ne recommence pas! Exit donc certaines classes (Nécromanciers sic) et on accueille comme il se doit le féticheur, le moine et le chasseur de démon. Le jeu a également beaucoup changé en terme d’évolution de personnages, exit donc les arbres de compétences et accueillons des compétences dotées de runes diverses et variées qui permettent de varier les plaisirs en fonction de son type de jeu. Celles-ci se débloquent au fur et à mesure de notre avancé en niveau (au nombre de 60 maximum) et proposent donc pas mal de variations sur un même thème.

Le gameplay est plutôt plaisant quelque soit la classe choisie et on s’amusera tout autant avec un chasseur de démon qu’avec un moine par exemple, à ce niveau là, Blizzard est toujours aussi doué. L’équilibrage reste toujours limite mais le PVP n’arrivera que plus tard ce qui leur laissera le temps d’analyser les stats des joueurs et de proposer des remises à niveau de compétences afin de rendre les affrontements intéressants. On notera tout de même qu’il faut impérativement activer une option afin de profiter pleinement des possibilités offertes par le jeu, en effet, cette option permet d’affecter n’importe quelle compétence sur les boutons que l’on souhaite. C’est un des effets pervers de la volonté de Blizzard de proposer un jeu assez newb-friendly mais une fois l’option trouvée et activée, tout va mieux.

Les armes et autres items récupèrent un système de gemmes qu’il sera possible d’acheter ou alors de crafter en passant par un artisan dédié à ces manipulations. Le jeu récupère donc un aspect Craft assez basique qui n’est rentable ou intéressant qu’à la seule condition d’être 60 et d’avoir plusieurs personnages qui pourront bénéficier des dits artisans (Joaillerie et fabriquant d’armes et d’armures). On devra looter des plans et détruire des objets afin d’obtenir de la matière première. Le craft est également de la partie si l’on souhaite profiter du niveau secret, il faudra looter les ingrédients et le plan du bâton afin de le crafter. Il faudra le faire pour chaque niveau de difficulté ce qui risque de saler l’addition.

Au niveau gameplay, le jeu reste toujours aussi nerveux et demande quelques réflexes dans les difficultés avancées. On avance, on tue, on loot, on revend, on parle à des NPCs plus ou moins folkloriques, on découvre des éléments de l’histoire sous la forme de livres et autres lettres disséminées un peu partout dans les niveaux, on répare son équipement et ainsi de suite. Rien de bien nouveau sous le soleil me direz-vous et vous aurez bien raison si ce n’est que le jeu propose une interaction plus avancée avec nous avec l’arrivée d’Events et autres donjons cachés qui apparaissent ici et là en fonction de votre degré de chance. On peut refaire 10 fois le même acte et toujours trouver des choses à faire. Avec un peu de chance, on peut hériter de donjons qui doivent être parcourus dans un temps limité afin d’obtenir gloire, achievements et fortune. Si en softcore (jeu normal où l’on peut mourir sans perdre son personnage), on y réfléchira à 2 fois avant d’aller dans ce genre de donjons en Hardcore car on risque de récupérer pas mal de créatures sur le dos afin de trouver le coffre sous les 3 minutes sans compter les groupes élites.

La difficulté du jeu est assez mal gérée et se trouve largement galvaudée par l’utilisation ou non de l’HV. Si vous utilisez l’HV, le 2 premiers modes de difficulté ne poseront pas le moindre problème et les choses sérieuses arriveront vers le niveau 45-50. On progresse tranquillement et l’on fait d’un coup face à des murs de difficulté qui semblent impossible à surmonter (Acte II en inferno pour le pas le nommer). Si les créatures standard ne devraient pas vous tuer, leur nombre peut vous poser de menus problèmes. Les boss ne constituent pas vraiment une véritable menace (hors Inferno) et ne devraient pas vous tuer plus d’une fois. Chaque boss dispose de patterns prévisibles et évitables mis à part quelques artifices mal fagotés comme un Enrage Timer (4 minutes après le début du combat) qui rendra le boss bien plus véloce et dangereux (Ghom – Acte III – par exemple en Inferno) et des soucis de manœuvrabilité chez Belial (Acte II), vous aurez bien plus de mal avec les packs d’Elite jaunes ou bleus.

Ces packs d’élite constituent la principale source de mort du jeu avec leurs caractéristiques aléatoires qui varient en nombre en fonction de la difficulté dans laquelle vous vous trouvez. En normal, ils n’auront qu’une seule capacité alors qu’ils en auront 4 en Inferno. Autant dire que certaines combinaisons sont fatales et qu’il conviendra peut-être de se déconnecter du jeu et de se reconnecter pour randomiser la carte et les packs d’élites. Si cela ne pose pas de souci en Softcore, c’est beaucoup plus problématique en Hardcore où il ne fait surtout pas mourir. A vous donc d’éviter soigneusement les Arcane, Vortex, Compagnons invincibles et autres joyeusetés. Il faudra pourtant en passer par là car c’est en tuant ces packs que les meilleurs loots tombent, sachez également qu’ils vous permettront au niveau 60 d’obtenir une bénédiction (allant jusqu’à 5) qui augmentera vos chances d’obtenir des loots rares.

Si vous aimez Diablo pour son histoire, vous risquez de déchanter avec ce troisième opus! Scénario bateau, boss décevants, trames annexes qui donnent envie d’appuyer frénétiquement sur la barre Espace afin de les zapper, rien ne nous est épargné. Heureusement Blizzard sait toujours y faire avec les cinématiques qui sont de toutes beauté. Les méchants sont donc très méchants, ils nous dévoilent leurs plans avant de les réaliser. Diablo est une nouvelle fois de la partie avec un hôte ô combien prévisible et un affrontement en 3 phases plutôt basique. On se retrouve donc à consulter les livres et les bouts d’histoire pour l’expérience qu’ils procurent et aussi pour les achievements, dommage car il y a largement de quoi développer une histoire intéressante à suivre qui ne viendrait pas d’un des auteurs de Twilight.

Après une bonne centaine d’heures de jeu, je suis à la fois conquis mais aussi perplexe quand à la capacité du jeu à captiver les foules pendant plusieurs années comme ce fut le cas avec Diablo II. Pour moi, le vrai Diablo III se situe surtout dans le mode Hardcore, on évite l’HV à argent réel et on doit jouer dans le feutré, on fait attention à ce que l’on fait et l’entraide et obligatoire à plusieurs. Inutile donc de vous dire que je joue énormément en Hardcore mais j’ai pas mal joué en Softcore et sincèrement je ne vois pas trop l’intérêt de continuer à jouer après avoir terminé le mode de difficulté Inferno. Indiciblement, les joueurs des premiers Diablo ont changé, ils ne sont plus près à farmer pendant des heures pour obtenir un objet leur permettant d’avancer et Blizzard semble bien l’avoir compris. Sans tomber dans le sensationnalisme de certains, on ne peut nier que Blizzard aimerait qu’une majorité de ces joueurs aille se stuffer sur l’hôtel des ventes à argent réel.

C’est au fur et à mesure des mises à jour que l’on se rend compte qu’ils se tirent une balle dans le pied. Même en favorisant le taux de drops d’objets rares et légendaires (pour le moins inutiles mais un autre futur patch changera la donne, ne parlons pas des sets dont seul un est intéressant), les joueurs préfèrent acheter des objets sur l’HV car c’est plus rapide et plus facile. L’économie du jeu est également bancale avec des rentrées d’argent encore bien trop importantes et des prix qui gonflent en HV. Maladroitement, Blizzard a tenté de faire payer plus cher les réparations en cas de mort ou en cas d’utilisation de son armement et ainsi de tenter de faire exploser la bulle économique du jeu sans réel succès, les riches sont resté riches et les pauvres encore plus pauvres. Quel est l’intérêt de jouer et de perdre plus d’argent que l’on peut en gagner en Inferno? Résultat, les joueurs désertent le jeu en nombre et ce ne sont pas les promesses de Blizzard en terme d’équilibrage et avec l’introduction du PVP qui vont changer la donne.

Diablo III n’est pas un MMO malgré son côté online only et ne recevra pas d’ajouts réguliers de contenu en attendant une extension qui sortira inexorablement. Le contenu actuel du jeu ne saurait satisfaire les joueurs sur le très long terme comme c’est le cas pour Starcraft II. Il manque un ladder, il manque une courbe de progression de la difficulté plus linéaire, il manque également un réel intérêt de jouer à plusieurs. En l’état, Diablo III est un bon jeu ni plus ni moins, il est doté d’une excellente réalisation et d’une bande son mémorable, la patte artistique du jeu est vraiment largement au dessus du lot et son édition collector mérite clairement son prix. La seule chose que l’on puisse réellement reprocher à ce jeu, c’est le nouveau parti pris de Blizzard avec l’HV a argent réel et le mode Online obligatoire. Pour le reste, il n’y a rien qu’une extension et des patchs réguliers ne puisse corriger.

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