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Critique : The Gathering – Disclosure

The Gathering fait un peu figure de dinosaures du rock atmosphérique avec ses 23 ans d’Age. Le groupe est passé du métal au trip-rock à forts relents Ambiant et prog. Depuis maintenant quelques années (2007), Anneke Van Giersbergen ne fait plus partie du groupe et est partie s’amuser toute seule avec un album solo plutôt intéressant.

La transition avec Silje Wergeland ne s’est pas forcément faite sans perdre une cohorte de fans avec le tout juste sympathique The West Pole. Le groupe est donc de retour avec son 10ème album, Disclosure. Le virage amorcé est salutaire car le groupe essaye de s’extirper de la terrible emprise d’ Anneke sur l’âme du groupe. Sans trop faire de bruit et par le biais d’un site Bandcamp, le groupe a distillé quelques bons titres gratuits avant de streamer l’intégralité de l’album pendant quelques jours.

Les premières écoutes sont plutôt positives mais avec ce groupe, c’est avec un peu d’acharnement que l’on découvre tout le talent du groupe et surtout le travail impressionnant réalisé sur la production. Au lieu de singer ce que le groupe a déjà fait, il a tenté une autre voie, une autre direction musicale moins complexe mais tout aussi réussie.

On peut ressentir quelques perches tendues à l’excellent How to mesure a planet? sans en atteindre le niveau la faute à quelques titres un peu de dessous et surtout à quelques longueurs coupables à brûler sur l’hôtel du sacro-saint titre de plus de 10 minutes.

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Avec 8 titres tous différents mais relativement inspirés, The Gathering ne lambine pas et nous offre ce qu’ils ont fait de mieux depuis maintenant 10 ans. Paper Waves est une bonne entame avec une vraie recherche et une production au top. L’ambiance semble sereine et volontairement plus légère.

On note un très bon travail sur la voix et sur la rythmique. On est quand même assez proche de la pop sans y tomber complètement, le groupe sachant à tout moment faire évoluer son titre via des breaks et autres transitions. Meltdown commence fort, très électro, très propre avec la aussi un excellent travail sur les voix et sur les paroles. Il s’envenime et s’électrise pour mieux se calmer à la limite du jazz et des cuivres fort à propos. Le résultat est surprenant mais un poil longuet sur le finish, dommage. Paralyzed sonne vraiment comme du How to Mesure à Planet? avec un faux rythme lancinant et une fausse douceur qui finira par quelques poussées rythmiques.

Heroes For Ghosts, du long de ses 11 minutes, sonne comme le titre emblématique de l’album. On se régale avec cette belle progression intense mais un brin trop lente pour être apprécié à sa juste valeur. Le côté épique du titre ne viendra pas forcément de sa longueur mais surtout de son dernier tiers, remarquable d’atmosphère.

Gemini I se fait velours pour mieux exploser et montrer que le groupe s’est parfaitement adapté à la voix de  Silje WergelandMissing Seasons est très calme, très posé. Il nous permet de nous reposer un peu et de se détendre via une très belle mélodie. Simple mais sublime.

I Can See Four Miles est sans aucune contestation possible le meilleur titre de l’album, insidieux, fourbe et volontairement planant. On est transporté au grès des douces paroles qui nous fait bien fermer les yeux et fermer nos bouches pour mieux apprécier le final, grandiose et magistral. Une belle claque que je n’avais plus ressenti depuis Great Ocean Road, c’est dire.

Gemini II reprend là où son prédécesseur nous avait laissé. On est dans le grand calme et le céleste, le groupe sait donc toujours y faire avec les bons titres planants. On notera également que l’album contient le clip de Heroes for Ghosts qui est excellent est convient parfaitement au titre.

Alors oui, Anneke n’est plus là, oui le groupe chercher à se réinventer sans trop aller changer de style mais il y parvient à ma grande surprise après la semi-déception de The West Pole (et encore j’exagère). Le trip-rock conserve donc son groupe phare même si il risque de ne pas faire mouche comme ce fut le cas avec How to Mesure a Planet? avec l’ouverture de son auditorat aux USA. Toujours est-il que The Gathering n’a pas encore perdu le feu sacré et qu’il conserve sans grande difficulté son titre de meilleur groupe Néerlandais.

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Loutre Perfide

Vieux con qui cherche à faire découvrir quelques perles dans tous les domaines.

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