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Test : ECHO

Un jeu dont vous êtes l'ennemi

ECHO
Développé par le studio Danois Ultra Ultra, ECHO est un jeu d’aventure et de science fiction à la troisième personne. On y incarne En, une jeune femme qui est restée en stase pendant une centaine d’années et qui vient de se réveiller sur une planète étrange. Cette planète est en fait un palace immense crée par une ancienne civilisation et qui attend depuis des habitants. C’est dans ce palace que En cherche une technologie lui permettant de redonner vie à celui qu’elle est venue sauver. Elle fera également la rencontre lors de son périple d’une IA dénommée London et avec laquelle En découvrira ce que lui réserve ce palace bien plus dangereux qu’il n’en a l’air.

ECHO est un tout premier jeu avec une équipe d’ancien développeurs de la franchise Hitman. Sans trop se fire remarquer, ils ont lancé une campagne Greenlight qui a eu le mérite de me mettre la puce à l’oreille sur le fort potentiel du jeu. Malheureusement, la plupart des jeux présentés sur feu-Greenlight était de vrais faux-jeux avec quelques screenshots prometteurs et pas mal de promesses très rarement tenues. C’est pourtant plein d’espoir et d’attente que j’ai soutenu leur initiative et que j’attendais impatiemment la sortie de leur jeu. C’est donc le 19 septembre 2017 que j’ai enfin pu me procurer le jeu et que j’ai découvrir l’une des principale promesse du jeu, à savoir une IA qui apprend des actions du joueur et qui s’adapte ensuite pour mieux nous surprendre. J’étais pourtant très loin de m’imaginer à quel point ce mécanisme de jeu était unique et qu’il allait me donner du fil à retordre par la suite!

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Mais c’est qu’il y a une histoire intéressante en plus!

Dès les premières minutes de jeu, on comprend très vite que ECHO ne sera pas un jeu comme les autres. En effet, il va falloir se farcir une sorte de tutoriel d’une trentaine de minutes dans lequel le jeu nous présente son histoire et ses mécanismes. Un peu à l’instar de Half-Life, on va devoir se mettre dans la peau du personnage et ainsi découvrir notre environnement, notre compagnon de voyage fort volubile mais aussi l’étonnante réalité de ce palace véritable bijou technologique. Pour ma part, j’ai adoré ce début assez lent et posé qui ma permis de prendre pleinement le remarquable travail de Ultra Ultra au niveau du choix de ses acteurs (Rose Leslie notamment de la série Game of Thrones) et de son histoire. En plus de l’utilisation de ce bien étrange cube que l’on porte dans le dos de notre combinaison, on découvrira que le palace dispose d’une volonté qui lui est propre et qu’il ne compte pas se laisser explorer sans rien faire.

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A chaque fois que l’on réalise une action, celui-ci la mémorise afin de l’apprendre à des echos qui auront comme mission de nous éliminer. Ces echos sont de véritables clones de En et si l’on s’est amusé à leur tirer dessus, ils feront de même quelques minutes plus tard. Pourquoi quelques minutes plus tard allez-vous me dire? Et bien le palais redémarre littéralement au bout de quelques minutes. S’ensuit alors une sorte de blackout durant lequel le palais ne peut apprendre de nos actions, on est donc libre de faire ce qu’il nous plait pendant cette très courte période. Une fois le blackout terminé, tous les echos reviennent à la vie avec de nouvelles capacités directement apprises de nos propres actions. Par exemple, si l’on a marché dans l’eau ou que l’on a tiré avec notre arme pendant un cycle normal, au prochain reboot, les echos pourront faire de même! C’est ce mécanisme en particulier qui rend le jeu si unique et fascinant à jouer, en effet, à chaque reboot, le palace oublie un de nos précédentes actions. Il faudra dès lors bien juger ce que l’on souhaite que les echos apprennent afin de s’éviter bien des ennuis lors de certains passages du jeu.

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Surtout ne pas paniquer, surtout ne pas paniquer…

C’est bien beau tout ca mais au final, comment on joue au jeu? Et bien, dans le jeu on contrôle En à la troisième personne et on va devoir explorer plusieurs niveaux à la recherche de l’homme à qui on doit redonner vie grâce à la technologie du palace. Pour ce faire, il faudra résoudre des énigmes simples, utiliser des mécanismes, ouvrir des portes ou descendre des étages en sautant. Pour se défaire des echos, on pourra les tuer avec notre pistolet (long à recharger sauf si l’on s’approche d’une orbe de recharge), les repousser avec un coup de pied (qui utilise de l’énergie), les repousser grâce à une onde de choc de notre arme en la chargeant ou tout simplement les étouffer en les approchant par derrière. Pour éviter de se faire remarquer, il faudra s’accroupir et être le plus discret possible. Les echos ont une excellent vue et notre HUD nous indiquera si l’on est découvert et quel est le degré de la menace, une zone orange indique qu’un danger est proche alors qu’une zone rouge indique que l’on est repéré et qu’il va falloir détaler au plus vite.

Je ne vais pas énumérer toutes les possibilités qu’offre le jeu car j’y passerais bien trop de temps. Il reste encore bien des choses à dire sur la réalisation et sur les éventuels problèmes dont souffre le jeu. Déjà ECHO est un jeu superbe, magnifique même pour peu que l’on dispose d’une machine correcte. Même avec une 750TI, sachez qu’il est possible de jouer en haute résolution sans que le jeu ne rame trop, moteur Unreal 4 oblige. Les personnages, les décors, tout est superbe avec de très beaux effets de lumière et quelques effets de particule bien sentis. Même les phases d’exploration narratives sont superbes alors que l’on se situe dans les entrailles du palace et que l’on est loin du faste et des paillettes. Le jeu est jouable à la manette (mon choix) et au combo clavier-souris avec la possibilité de modifier ses réglages et de jouer en français dans le texte. Les voix restent en anglais mais les sous-titres remplissent leur office malgré quelques soucis de traduction ici et là. Comptez 8-10 heures pour terminer le jeu en difficulté normale et facilement le double en difficulté plus élevée. Le challenge est d’ailleurs particulièrement relevé car les règles changent. En effet, il vous faudra 2 balles pour tuer un echo et il faudra 2 cycles pour qu’ils oublient une de nos précédentes actions, tout un programme pour ceux qui aiment les challenges relevés.

ECHO

On ne peut pas tromper 1000 fois une personne…

ECHO est vraiment une excellente surprise me concernant, j’ai déjà terminé 2 fois le jeu et je compte bien le terminer en difficulté plus relevé encore une fois. La bande son est excellent, elle colle parfaitement à l’action et à l’ambiance du titre. Le jeu des acteurs est remarquable avec de superbes aller-retour entre les différents protagonistes de l’histoire et une final plutôt bien pensé et fort émotionnellement sans toutefois trop en faire. Les contrôles sont bons et il arrive assez peu souvent que l’on se plante dans l’enchainement de nos actions. Pourtant tout n’est pas parfait dans le jeu, loin de là! Tout d’abord, la difficulté est assez relevée vers la toute fin de l’aventure et il faudra avoir les nerfs solides pour ne pas perdre patience après être mort juste avant un point de sauvegarde. Ceux-ci sont également assez mal placé dans les niveaux les plus complexes, il arrive parfois que l’on soit obligé de passer presque 30 minutes de jeu sans en trouver un et comme chaque rencontre peut être fatale il arrive que l’on soit frustré et passablement énervé.

Si le palace est magnifique, les décors auraient gagné à être un brin plus variés. Certes la logique de l’aventure est amplement respecté mais on reste un peu sur notre faim vu le potentiel du jeu en matière de direction artistique et de level design. Quelques crashs arrivent de temps en temps sans que ce soit profondément gênant. En revanche j’ai du recommencer entièrement un niveau car un puzzle ne fonctionnait pas comme il fallait, frustrant et particulièrement cruel vu le temps que prenait ces actions. L’exploration et la volonté de découvrir tous les décodeurs disséminés dans les niveaux sont également mis à mal vu le danger de la présence d’un très grand nombre d’échos au mètre carré. Vers la fin, on sera dès lors plus motivé à foncer dans le tas pour éviter les echos que d’essayer de se la jouer furtif et d’aller fouiller dans les moindres recoins. Le système de reboot est parfois étrange dans la façon qu’il a de replacer les échos et leur vision. Il arrive souvent que l’on tente de fuir les échos dans la phase de reboot pour se retrouver avec encore plus d’échos non prévus là où l’on se trouve.

Je vous recommande donc chaudement ECHO, en effet j’ai passé un excellent moment à essayer maintes combinaisons et à me battre contre moi-même pendant 11 heures. C’est une expérience pas loin d’être unique, si la plupart des critiques ont mis en avant Hellblade: Senua’s Sacrifice comme AAA indie, je placerais largement ECHO au dessus en matière d’histoire et de recherche d’innovation du gameplay. Dans l’espace, personne ne vous entendra cloner!

Achat sur Steam:

Au final:

Notre verdict - 9

9

Je vous recommande donc chaudement ECHO, en effet j'ai passé un excellent moment à essayer maintes combinaisons et à me battre contre moi-même pendant 11 heures.

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Loutre Perfide

Vieux con qui cherche à faire découvrir quelques perles dans tous les domaines.

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